Amputé de sa dimension internationale, en raison de la restriction de voyage imposée par l’administration française aux chercheurs du laboratoire Paragraphe de l’université Paris XIII et Cergy-Pantoise, le colloque qui se tient, depuis hier, à l’université Mouloud-Mammeri

de Tizi Ouzou, à l’initiative du Centre national linguistique et pédagogique de l’enseignement de tamazight (CNPLET), a réuni de nombreux enseignants et spécialistes en sciences du langage issus des universités du pays, notamment de Tizi Ouzou, Béjaïa et Alger, de plancher sur le thème retenu par les organisateurs. Une problématique qui met au centre de l’interrogation : «La didactique des langues maternelles et son impact sur l’enseignement de tamazight et sa promotion et le rôle du numérique pour favoriser sa diffusion.» A l’issue de cette rencontre de deux jours de débats, les participants auront à proposer des recommandations qui devront servir de feuille de route pour l’enseignement de tamazight à l’aune du nouveau statut de langue officielle conférée à tamazight par le législateur qui «a mentionné que tamazight est consacrée langue officielle dans ses différentes variantes et non dans une seule forme», dira d’emblée le Pr Dourari qui rappelle qu’il y a lieu de renouveler l’approche didactique appliquée, jusque-là, à l’enseignement de tamazight qui prenait en compte une seule norme linguistique, à savoir le kabyle, et dans une certaine mesure, le chaoui des régions où existent des départements de langue amazighe qui formaient des formateurs dans ces deux variantes. Aujourd’hui, préconise le directeur du CNLPET, il convient de changer d’approches didactiques qui tiendrait compte de la variété intra-linguistique qui caractérise tamazight. Une réalité qui doit constituer un enjeu de formation aux formateurs des formateurs au sein des universités et aux pouvoirs publics (MEN et MESR) qui doivent réfléchir à la mise en place d’une méthode didactique spécifique à chaque variante linguistique. «L’Etat algérien a le devoir de travailler pour la formation des formateurs en tamazight pour l’école et l’administration dans les différentes variantes de cette langue, tout en faisant un travail dans le sens de la convergence linguistique (standardisation) étalé sur le long terme», indiquera le directeur du CNPLET et président du colloque qui souligne l’importance du facteur neurolinguistique, dans l’enseignement de tamazight non seulement aux natifs et aux locuteurs algériens pour qui tamazight n’est pas langue maternelle. La bonne méthode didactique est de veiller à l’efficacité et l’attractivité dans l’enseignement de tamazight surtout lorsqu’elle doit s’imposer à des non-locuteurs.
D’où la nécessité, préconisera le Pr Dourari d’élaborer une méthode prônant une approche reposant sur la didactique appliquée à l’enseignement des langues secondes. Rappelons qu’une vingtaine de communications sont au programme des deux journées, à travers des axes de réflexion dont les thèmes sont : société, variétés, statut et enjeux des langues maternelles, état des enseignements de tamazight, méthodologie didactique, représentations, normes et outils pédagogiques. n