Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a publié, le 26 août, un arrêté fixant les modalités d’organisation de la «gestion pédagogique», «d’évaluation» des étudiants, mais aussi de définition des «critères de progression». L’annonce de ces nouvelles mesures, édictées par un arrêté signé par le ministre du secteur, Abdelbaki Ben Ziane, intervient pour rappel alors que la reprise des cours a officiellement débuté le 23 août dernier, avec le retour au travail, en présentiel ou en virtuel des professeurs et personnels d’université.
Ainsi le document – également consultable sur le site du ministère – précise que l’ensemble de ces nouvelles dispositions visent à faire face à la pandémie de Coronavirus. Le décret consacre à ce titre «l’enseignement à distance» comme l’une des «solutions» majeures face à la crise sanitaire : «L’enseignement à distance et/ou en ligne est une forme d’apprentissage pédagogique reconnue entrant dans les cursus de formation supérieure des étudiants». La présence des étudiants «en présentiel» aux différentes activités d’enseignement n’est dorénavant «pas obligatoire, sauf avis contraire de l’équipe pédagogique, s’agissant de certains travaux pratiques et/ou de stages», ajoute le ministère de l’Enseignement supérieur. Le décret précise également que le «confinement pour cause de Covid-19 dûment justifié» et l’empêchement «justifié» de rejoindre l’établissement d’enseignement supérieur «pour diverses raisons, notamment la suspension de certains moyens de transport et la fermeture de frontières» pourront être pris en compte comme «cas de force majeure» justifiant les absences. Les étudiants confrontés à de telles situations en période d’examen ou au moment d’une soutenance, bénéficieront également d’un «droit à un examen de remplacement», dont l’organisation et la définition de la forme devront être fixées «par l’équipe pédagogique en concertation avec l’instance administrative concernée».
Nouveaux modes d’évaluation et de progression
Quant aux modalités «d’évaluation et de progressions» des étudiants, définies pour la finalisation de cette année universitaire 2019/20, le décret explique que les comités pédagogiques des universités pourront définir la nature des «évaluations» en fonction de leurs situations. Plusieurs formes sont ainsi énoncées : l’examen «en présentiel», à «distance, pour les matières transversales et de découverte» ou encore, l’évaluation basée sur des «travaux effectués par les étudiants». Des étudiants qui se voient toutefois privés cette année du droit à la consultation des copies d’examens, un barème détaillé de notation de chaque examen devra toutefois leur être communiqué.
Toujours selon l’arrêté ministériel, les soutenances s’organisent «selon des modes appropriés, arrêtés par les équipes pédagogiques», les mémoires seront pour leur part évalués par «l’encadrant et par deux examinateurs». Quant aux critères de progression et les conditions d’admission, le ministère de l’Enseignement supérieur explique que les enseignements qui n’ont pas été réalisés «pour cause d’impossibilités matérielles», notamment «pour raison de confinement», ne sont pas pris en compte dans les décisions d’admission et de progression ; les «crédits» alloués à ces activités seront «déduits du seuil de décision de progression» et pourront être enregistrés comme «dettes» au titre de l’année suivante. Le document, qui définit ainsi les critères de passages pour les systèmes LMD et Classique, ajoute également pour ce dernier que la «note éliminatoire (…) obtenue durant le second semestre 2019/20 n’est pas prise en compte dans la progression de l’étudiant». Un «échec aux études» durant cette année universitaire ne serait par ailleurs pas comptabilisé dans le cursus universitaire «comme retard pédagogique», ajoute l’arrêté, en précisant que cette mesure s’appliquera aux étudiants de «tous les cycles». n