Les adhérents du Centre (Alger, Tizi Ouzou et Blida) du Syndicat national des enseignants hospitalo-universitaires (Snechu) ont décidé, hier, de suspendre leur grève pédagogique entamée le 29 avril dernier, et ce, lors d’une assemblée générale tenue au CHU Mustapha-Pacha.

Lors d’une conférence de presse tenue en marge de l’AG, la présidente du Snechu, Ouahiba Ouahioune, a fait savoir que les autres wilayas organiseront leurs assemblées générales pour décider de la suite à donner au mouvement de grève. «Par la suite, nous tiendrons un conseil national », a-t-elle précisé.
Justifiant l’arrêt de la grève décidée par le Snechu, Mme Ouahioune a déclaré que cette décision a été prise après une réunion qui a regroupé, le 3 juin, son syndicat, le ministre de l’Enseignement supérieur Tahar Hadjar et des représentants du ministère de la Santé. Une commission intersectorielle été installée avec la participation des représentants du syndicat pour étudier les revendications des hospitalo-universitaires. Cette commission commencera son travail la semaine prochaine, a affirmé Mme Ouahioune, qui a considéré cette démarche comme étant un signe de bonne volonté de la part des autorités.
La syndicaliste a cependant tenu à préciser que la reprise des cours et examens est conditionnée par le bon déroulement du travail de la commission. « Dans le cas de non-satisfaction de nos revendications, nous reviendrons à la grève des examens le 15 septembre », a-t-elle menacé. Concernant la plateforme du Snechu, sa présidente a indiqué que le ministre était clair. Il a affirmé que « la révision de statut particulier n’est pas dans l’ordre du jour pour tous les secteurs ». Pour cette raison, le syndicat a pris la décision de se focaliser sur la revendication de la prime de la rétribution, « qui n’est pas celle de productivité », a tenu à préciser le professeur Belhadj, un membre du syndicat présent à la conférence. En ajoutant que « ce n’est pas normal qu’un chirurgien qui fait trois interventions en une seule journée touche un salaire de moins de 30 000 DA ».
Lors de la rencontre du 3 juin, plusieurs revendications des grévistes ont été satisfaites, notamment celles concernant l’activité lucrative, qui est accordée par la nouvelle loi de santé, et la prime de retraite, qui sera de 80% comme tous les salariés algériens. Concernant la revendication de l’activité lucrative, la présidente du syndicat a demandé qu’elle soit autorisée dans un cadre légal notamment les week-ends et les jours fériés, en expliquant que le maître assistant « est libre de son temps ».
Interrogé, par ailleurs, sur le dossier des médecins résidents, Mme Ouahioune a réitéré son soutien à ces jeunes médecins, mais a fait savoir qu’il est impossible de valider une année universitaire pour un étudiant qui n’a fait aucun cours. « Notre conscience professionnelle ne nous le permet pas », a-t-elle précisé, en rappelant que les médecins résidents ne l’ont pas demandé et qu’ils ont affirmé être prêts à aller vers une année blanche. Elle a expliqué que « la validation de l’année est de la prérogative des conseils scientifiques et non du ministère de l’Enseignement supérieur », parce que, selon elle, « la décision n’est pas administrative mais pédagogique ».
La présidente du Snechu a, en outre, fait savoir que la grève des médecins résidents a affecté le bon déroulement du travail dans les établissements de santé, parce que ces médecins ont une tâche à accomplir. Face à cette situation, toute la charge de travail est retombée, selon elle, sur les assistants qui se sont retrouvés à faire des gardes tous les trois jours. « Pour éviter l’anarchie, on a décidé de réduire les activités pour faire uniquement les urgences», a-t-elle expliqué.
Concernant les décisions de licenciement des médecins résidents par les chefs de service, la syndicaliste a refusé de se prononcer, mais a précisé que « le chef de service n’est pas un employeur, il n’a pas le droit de licencier un médecin ».