Journée déterminante pour le mouvement de protestation que mènent, depuis plus de quatre mois, les enseignants du cycle primaire qui, en plus de reconduire la grève hebdomadaire, désormais limitée à une journée, entendent marcher aujourd’hui vers le Palais du gouvernement.

Le rendez-vous est d’une telle importance qu’il signe un retour des marches des enseignants. Avec cette nouveauté qu’il s’agit de la première marche d’une organisation syndicale qui accomplit ses premiers pas dans l’action syndicale.
Ce sera donc une occasion pour l’opinion de se faire une idée plus nette quant aux capacités de mobilisation de ce nouveau venu du paysage syndical de l’Education nationale. Les membres de la Coordination nationale des enseignants du primaire soulignent à cet effet qu’un travail de mobilisation a été accompli durant la semaine en cours afin de réussir cette action qui les verra porter dans l’espace public leurs revendications socioprofessionnelles. « Nous avons jugé nécessaire de faire coïncider cette marche avec la journée de la grève hebdomadaire à travers tout le territoire national afin de renforcer les capacités de la mobilisation », nous a indiqué, hier, Lotfi Mehargua, membre de la coordination. A cet effet, le même coordinateur national de cette organisation non agréée et aussi représentant de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, a souligné que l’itinéraire de cette marche est le même que prévu depuis quelques jours. « Nous allons nous regrouper au niveau de la place des Martyrs le matin avant de marcher vers le Palais du gouvernement. Notre choix pour le siège de cette institution émane de notre conviction que seules les hautes autorités du pays peuvent trouver des solutions à nos problèmes », a-t-il souligné. Notre interlocuteur a expliqué, par la même occasion, que la marche a été décidée depuis plus de deux semaines au même titre que la réduction de la grève cyclique hebdomadaire de trois jours à un seul, le lundi.
Dans ces revendications, on trouve notamment la suppression des tâches non pédagogiques ou à défaut bénéficier d’une compensation matérielle adéquate ainsi que l’application avec effet rétroactif du décret présidentiel 14- 266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire et ce en attendant d’arriver à une « unification des classements avec les autres paliers de l’Education » comme le veut la même coordination.
S’agissant des préparatifs de la marche, Lotfi Mehargua a fait état d’un « grand engouement » auprès de la base concernant cette marche, notant que des enseignants exerçant dans les wilayas du Sud comme Tindouf et Tamanrasset « ont déjà entamé leur déplacement vers la capitale samedi en raison de l’éloignement, alors que ceux habitant pas loin de la capitale ont la possibilité d’effectuer le déplacement le jour même ». Pour l’après-marche, le même intervenant a également souligné que l’idée d’enclencher une grève de 13 jours est toujours maintenue relevant que la décision de la concrétiser ainsi que la date précise ne seront tranchées qu’« après la contestation de lundi ».
« Nous allons d’abord évaluer cette journée de grève et de marche pour savoir quoi entreprendre après », a-t-il souligné. A la question de savoir si les enseignants grévistes ont adhéré massivement au boycott des activités non pédagogiques comme cela a été décidé récemment, Lotfi Mehargua dira que « l’adhésion est très considérable bien que nous ne pouvons pas donner un taux précis du fait que certains établissements primaires ne contiennent pas de cantines scolaires et donc n’appliquent pas le système de surveillance dans ces structures».