PAR MILINA KOUACI
Les enseignants contractuels n’en démordent pas. Ils organisent dimanche 8 mai un sit-in de protestation devant l’annexe du ministère de l’Education à Ruisseau (Alger). Cette corporation interpelle le président de la République ainsi que son Premier ministre pour leur «rendre justice».
Dans une lettre adressée au Premier ministre Aimene Benabderrahmane, la Coordination nationale des enseignants contractuels réclame une solution aux milliers d’instituteurs des trois cycles confrontés à une situation «difficile», l’exhortant à prendre en charge leurs revendications. «Nous sommes plus de 25 000 contractuels dans les trois cycles. Nous souhaitons que la situation de notre corporation, qui ne ménage aucun effort pour assurer le bon déroulement de l’année scolaire, soit régularisée», écrit ladite Coordination. «Nous répondons à l’appel de la tutelle en dépit des circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous exerçons», ajoute la même source, en citant à titre d’exemple le retard de paiement de salaire et les difficultés à se rendre dans les zones d’ombre.
Les contractuels de l’Education demandent, par ailleurs, au président de la République de «réhabiliter» cette catégorie et de valoriser l’expérience professionnelle et l’intégration directe dans les postes vacants. Ces enseignants estiment «insensé» que la tutelle les soumette à un concours de recrutement en raison des compétences qu’ils ont acquises grâce aux années d’expérience professionnelle. Ils exigent, également, la priorisation des enseignants contractuels et suppléants dans le recrutement, la valorisation de l’expérience professionnelle. L’intégration directe est à leurs yeux une revendication «légitime» bien que le recrutement de cette catégorie se fait conformément aux dispositions de l’article 80 de l’Ordonnance 06-03 du 15 juin 2006 portant statut particulier général de la Fonction publique, ainsi qu’à l’article 22, qui stipule qu’un employé contractuel n’a pas le droit d’avoir le statut de fonctionnaire ni le droit de s’intégrer parmi les différentes catégories de la Fonction publique sans passer par un concours de recrutement. «Ecœurés» par le mutisme de la tutelle envers sa principale revendication, cette coordination a menacé de retenir les notes des élèves et d’une «démission collective» si ses revendications ne sont pas satisfaites. <