A l’occasion de la conférence de presse animée par le ministre de la Culture sur le secteur de l’édition et du livre en Algérie, les premiers résultats détaillés du sondage, récent, sur «l’état de la lecture en Algérie» ont été communiqués. Ils révèlent que 95% des personnes interrogées déclarent «aimer la lecture». Un document détaillé sur le sujet est parvenu à notre rédaction.

Commandé par le Centre national du livre (CNL) à la demande du ministère de la Culture, le sondage sur «l’état de la lecture en Algérie» a été réalisé «au début du mois d’octobre dernier» par le Laboratoire de gouvernance économie institutionnelle et croissance durable (Lagic), dépendant de l’Ecole nationale supérieure des statistiques et d’économie appliquée.  L’enquête est basée sur un questionnaire portant notamment sur le degré de diffusion de la lecture auprès du grand public, les types d’ouvrages les plus consultés ou encore le temps quotidiennement consacré au livre. Les premiers résultats ont ainsi laissé entrevoir  une forte diffusion du livre et de la lecture en Algérie, du moins dans les wilayas concernées par le sondage (Alger, Tipasa, Batna, Laghouat, Chlef, Oum El Bouaghi, Tissemsilt, Annaba et Tizi-Ouzou).

Une étude ciblée sur un panel à 75% d’universitaires
Il est néanmoins précisé que plusieurs interrogations peuvent être émises à propos de la validité du sondage, notamment concernant la représentativité de l’échantillon de sondés par rapport à l’ensemble et à la composante de la société algérienne. D’autant que l’échantillon est relativement limité, mais surtout du fait de la nature du millier de personnes interrogées : des universitaires à 75%. A ce sujet, Amran Benchraib, directeur du Lagic, nous précise qu’il s’agit d’«un échantillonnage par quota. Une des meilleures méthodes qui se base généralement sur un échantillon pas très important». Ajoutant, à propos des personnes ciblées par le questionnaire, que «ce sont des personnes habituées des bibliothèques, en plus d’autres catégories dont des étudiants en post graduation. On ne peut pas mesurer l’état de la lecture dans un échantillon qui n’a pas de lien avec le livre. Notre sondage n’est pas aléatoire. Mais ce n’est pas pour autant un sondage dirigé. Il se base sur un échantillon représentatif».

57,7% de sondés pensent que le livre numérique remplacera le papier

Le directeur du laboratoire de ce sondage nous précise, par ailleurs, que cette étude, réalisée en collaboration avec les services du ministère de la Culture, est un «travail de terrain et la distribution des questionnaires a été faite par les structures du ministère. C’est après la collecte des données que nous avons procédé à l’analyse et réalisé les graphiques». Il a indiqué que le sondage a été mené auprès d’une population relativement jeune, étant donné que la majorité des sondés sont âgés entre 15 et 34 ans, plus précisément 58,4% dans la tranche des 15-24 ans et 26,8% pour les 25-34 ans. Les premiers résultats de ce sondage, commandé par le CNL, montrent ainsi que 52% des sondés placent le roman en tête de leurs préférences, le livre à caractère scientifique arrivant en seconde position avec 46,4%.  Le livre sur l’histoire obtenant 24,5%, suivi des «revues et journaux» avec 24,2%. Quant aux langues de lecture des Algériens, l’arabe arrive en tête avec 68,8% des textes choisis, suivi du français (41,6%) et de l’anglais (12,7%). Les responsables de l’étude expliquent que la langue tamazight n’avait pas été mesurée par manque d’ouvrages disponibles. Ces premiers résultats du sondage dévoilent également que 89,5% des personnes interrogées déclarent être des «habituées des bibliothèques» Par ailleurs, les Algériens continueraient également à privilégier le livre papier à 60,9%, bien que 30,3% précisent qu’ils lisent également des ouvrages sur leurs téléphones portables, et que 57,7% des personnes interrogées  «pensent que le livre numérique remplacera partiellement les ouvrages papier». Il apparaît également, au regard des résultats publiés, à partir d’un questionnaire d’une trentaine de questions sur les habitudes ou préférences personnelles, que 90,2% des Algériens préfèrent lire chez eux et que le meilleur horaire de lecture  est  «en soirée» pour 65,8% des personnes interrogées. Quant au nombre de livres   lus durant une année il serait, selon les chiffres du sondage, de un à cinq livres pour 35,5% des Algériens. Les lecteurs lisant plus de vingt ouvrages par an n’étant, pour leur part, que de 6,8%, selon  les chiffres préliminaires. Pour rappel, le directeur du CNL, Djamel Yahiaoui, avait déclaré, lors de la conférence de presse animée il y a quelques jours aux côtés du ministre de la Culture, M. Azzedine Mihoubi, que ce sondage était «partiel» et que «les résultats globaux» seront publiés dans une année. En effet, l’enquête d’opinion devrait encore se poursuivre durant les prochains mois sur l’ensemble du territoire national.