Hier, s’est tenu le congrès ayant vu les trois partis du courant islamique Ennahda, le Front pour la justice et le développement (El Adala) et le Mouvement pour l’édification nationale (El Binaa) s’unir en vue des prochaines élections législatives, mais pas seulement. L’Union pour la renaissance, la justice et l’édification est le nom choisi pour cette nouvelle alliance.

« Ce projet n’est pas destiné uniquement aux élections législatives prochaines. Il est né en 2008 déjà », tient à affirmer en marge de l’événement Lakhdar Benkhallaf, le coordinateur de la commission chargée de la fusion. Les dirigeants de cette nouvelle union politique misent sur l’unité du courant politique qu’ils représentent. « Cette alliance vient rassembler plusieurs familles politiques qui diffèrent sur leurs visions idéologiques mais qui doivent s’entraider et coordonner leurs efforts pour l’intérêt national », a indiqué Abdallah Djaballah, qui a été désigné président de cette union.
Celui-ci a appelé tous les acteurs de la scène politique et médiatique à faire en sorte que les élections législatives d’avril prochain soient « une place forte d’une concurrence loyale pour gagner la confiance du peuple qui pourra choisir entre des programmes électoraux clairs dans le cadre de leurs prises en charge des problématiques de la société ». La signature de l’accord d’alliance est une première étape en vue des législatives, ceci avant de poursuivre le projet de restructuration du nouveau parti, ce qui nécessitera du temps. « Nos partis sont grands, et ce n’est pas aisé de les fusionner dans un laps de temps court. Il y aura des commissions et différentes réunions pour pouvoir mener à bien ce projet dont les travaux de structuration nécessitent une période allant jusqu’à la fin de l’année en cours », a indiqué Mohamed Douibi, le désormais ex-secrétaire général du parti Ennahda. Pour le moment, aucune demande d’agrément du nouveau parti n’a été formulée, « mais nous n’avons pas de problème législatif, nous représenterons au Parlement une force respectable grâce aussi à d’autres alliances, et nous travaillerons à ôter les lois qui entravent les pratiques démocratiques », a indiqué Lakhdar Benkhallaf. Au lendemain du prochain rendez-vous électoral, il sera procédé à la structuration de l’Union pour la renaissance, la justice et l’édification dans le cadre de la fusion des trois partis islamiques « en un seul parti politique » est-il précisé. Aboudjerra Soltani, invité de la cérémonie, a appelé à l’union des « six partis politiques à tendance islamique » afin d’étudier deux points.
Le premier point concerne la manière avec laquelle seront abordées les prochaines élections législatives pour obtenir un maximum de sièges. Le second concernera la phase post-élections, dont les résultats indiqueront l’orientation exacte à donner au mouvement politique. « De mauvais résultats entraîneraient une remise en question générale tandis que si on obtient des résultats satisfaisants, cela créera une dynamique et facilitera la fusion actée aujourd’hui », a expliqué l’ancien secrétaire général du MSP.