Le marché pétrolier se remet à douter. Après plusieurs semaines d’une tendance haussière qui l’a fait sortir du fond du puits dans lequel il avait plongé en avril dernier, le baril de brut trouve d’énormes difficultés à se stabiliser et à conserver ses gains.
La volatilité des cours est ainsi confirmée une énième fois, en guise de nouveau rappel à l’adresse des pays producteurs. Ces derniers doivent continuer à adapter leurs prévisions à une situation sanitaire mondiale toujours menaçante pour la reprise de la demande. Pour preuve, la Chine, premier consommateur au monde, est en train de tempérer ses ardeurs énergétivores, poussant son principal fournisseur qu’est l’Arabie saoudite à revoir à la baisse ses prix.
Une relation de cause à effet qui n’est pas sans rajouter à la pression exercée depuis quelques jours sur les marchés londoniens et newyorkais, où les références de brut européenne et américaine affichent leur plus bas depuis plus de cinq mois et demi.
Les efforts déployés par l’Opep et ses partenaires ont, certes, été d’un renfort non négligeable, voire salutaire, pour le marché pétrolier. Et ils le sont toujours dans cette conjoncture d’incertitude, où les coupes opérées par l’Opep+ continuent à contenir le phénomène de surabondance que pourrait provoquer la demande stagnante et, partant, à se dresser en rempart à un nouvel effondrement des prix.
Partant, les 40 dollars affichés hier pour le baril de Brent de la mer du Nord doivent être appréciés à leur juste valeur pour un pays comme l’Algérie, même si les prix ont reculé de près de 6 dollars en l’espace d’une semaine.
Ces prix assument les prévisions de recettes des exportations revues et adaptées aux retombées du coronavirus sur le marché du brut.
Mais quelle que soit la santé du baril aujourd’hui, où celle d’après-la pandémie, la question du passage d’une économie nationale affranchie de la rente pétrolière continuera à hanter les esprits.