Va-t-on vers le dénouement de la crise qui frappe l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem) ? C’est la question que se posent en premier les travailleurs de cette entreprise après l’annonce, hier, du ministre de l’Industrie concernant une décision qui sera prise cette semaine.
Ferhat Aït Ali a livré cette information sur les ondes de la Radio nationale, alors que l’arrêt technique de l’usine de l’Eniem, à Tizi-Ouzou, est en train de boucler sa période d’un mois entamée le 1er décembre. Un arrêt qui n’a toutefois pas été consommé dans le repos ni par les travailleurs ni par le staff dirigeant de la filiale du groupe Elec El Djazaïr. Si les employés de l’usine à l’arrêt n’ont pas chômé sur le terrain de la contestation sociale, en appelant constamment à la reprise du travail, la direction s’est, de son côté, déployée dans l’espoir de convaincre les pouvoirs publics de la nécessité de venir au secours d’une Eniem asphyxiée financièrement et dont la solution se trouve inévitablement entre les mains des banquiers. Sauf que « cette entreprise, redevable de 13 milliards de dinars, laisse les banques hésitantes quant au financement de son complexe industriel », a tenu à souligner M. Aït Ali.
C’est pourquoi l’avenir de cette entité industrielle, qui vit son second arrêt technique après celui de février dernier, sera tracé par le plan de relance que proposera la tutelle, a-t-il expliqué, excluant tout plan de sauvetage conjoncturel qui aurait été proposé par la direction du groupe, le 13 décembre, lors de la réunion entre le ministre de l’Industrie et les responsables des banques, en présence de responsables de l’Eniem, mais aussi de l’Enie.
Ferhat Aït Ali et son état-major ont-ils donc réussi à convaincre les banques d’accorder une nouvelle chance à une entreprise publique qui leur doit déjà beaucoup d’argent ? Peut-être que oui, mais avec une liste d’engagements que l’Eniem, dirigeants et employés confondus, doivent honorer dans une nouvelle démarche de gestion qui viendrait rompre avec les pratiques du passé ayant abouti à la situation de crise aiguë qui prévaut aujourd’hui à l’usine de Tizi Ouzou, sur fond de problèmes financiers qui, privent l’entreprise de s’approvisionner régulièrement en matière première.
C’est, en effet, par ces mêmes problèmes récurrents que la direction de l’Eniem avait justifié sa décision de mettre les travailleurs au chômage technique pour tout le dernier mois de l’année. Mais ces derniers n’ont pas tardé à exprimer leur rejet de cette solution en organisant une marche dès le 1er décembre en direction de la wilaya où ils avaient demandé l’intervention du wali auprès des services de la tutelle. S’en sont suivis d’autres opérations de contestation de la part des mêmes travailleurs sous la houlette des sections syndicales, faisant part d’inquiétudes grandissantes et même de crainte de compression d’effectif.
La semaine dernière, les contestataires sont revenus à la charge pour exiger de nouveau la reprise du travail. Ils ont, à l’occasion, demandé une nouvelle fois le départ du staff dirigeant de l’entreprise qu’ils désignent comme responsables de la situation de blocage que vit leur usine. n