Le déblocage d’une première tranche du crédit de 1,1 milliard de dinars, qui sera suivi par une deuxième enveloppe de plus de 1,5 milliard de DA permettra le financement des approvisionnements en matière première et la reprise de la production, mais ne mettra pas fin à la situation de précarité financière dans laquelle se trouve l’Eniem, qui n’est pas encore sortie de la zone rouge puisque ces deux crédits cumulés serviront à couvrir un volume de production de seulement six mois. Rien ne va plus chez à l’Entreprise nationale de l’industrie électroménagère (Eniem), propriété du holding public Elec El Djazaïr, qui commence très mal cette nouvelle année et se trouve en quasi cessation de paiement puisqu’elle est, depuis la fin du mois de janvier dernier, dans l’incapacité d’assurer le financement des commandes de matières premières nécessaires au montage de sa gamme de production d’appareils électroménagers. Conséquence, toutes les unités de production sont à l’arrêt et les travailleurs sont mis en congé technique. Une disposition contrainte et contraignante, décidée par la direction en concertation avec le partenaire social. Entrée en vigueur depuis hier, 2 février 2020, la fermeture de l’usine faute de ressources financières pour l’acquisition de la collection CKD, est mal vécue par les 1 700 salariés, qui étaient nombreux à venir aux nouvelles dans la matinée d’hier. Lors d’un rassemblement improvisé dans l’enceinte de l’usine, ces derniers, qui sont venus réclamer leur titre de congé, n’ont pas caché leur désapprobation et leur inquiétude quant à l’avenir de l’entreprise qui se trouve dans l’expectative et dans l’attente d’une solution qui viendrait couronner les démarches entreprises par le P-DG auprès de la tutelle, selon Mme Belgasmia, du service de communication de l’Eniem. Elle nous a indiqué que Djillali Mouazer était, hier, en déplacement à Alger où, croit-on savoir, a fait un exposé sur la situation de l’entreprise au ministère de l’Industrie où il a été reçu dans la matinée d’hier. Un déplacement qui, espère-t-on, dans les milieux de l’opérateur historique de l’industrie électroménagère servira à débloquer une situation pendante au niveau de la banque qui détient le sésame qui permettra la reprise de l’activité de production. Toutefois, les choses se sont, semble-t-il, accélérées depuis le wee-kend dernier. Le branle-bas médiatique suscité autour de l’annonce de l’arrêt technique de la production et la mise en congé forcé des 1 700 salariés ont précipité la réaction des pouvoirs publics qui, nous-dit-on, ont été sensibles à la nouvelle donne que traverse l’Eniem. C’est ainsi que dans l’après-midi d’hier, une lueur d’espoir est venue éclaircir l’univers sombre de l’entreprise. Un début de solution qui est venu sous forme du déblocage d’un crédit de 1,1 milliard de dinars. Une annonce faite par Djillali Mouazer, au courant de l’après-midi à son retour d’Alger. Des instructions ont, semble-t-il, été données au bailleur de fonds, la BEA, qui a débloqué une première tranche du crédit qui servira à couvrir les frais de l’approvisionnement en matières premières nécessaires à la reprise d’activité. Cela, en attendant le déblocage d’une deuxième tranche de 1,5 à 2 milliards de DA. Cela étant, la solution revêt un caractère d’urgence momentané puisque le second crédit, qui sera accordé dans les prochains jours, servira à assurer un volume de production de six mois seulement, selon les propos du P-DG de l’Eniem, rapportés par l’APS. Quid de la reprise du travail ? L’entrepôt étant vide et la reconstitution des stocks de matière première prenant un peu de temps, la reprise d’activité peut intervenir au courant du mois de mars, nous assure une source au niveau de l’Eniem.<