Le plan de redressement et de la relance, dégagé au profit de l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem), livre ses premiers détails. Ceux-ci ont trait d’abord à la dette à long terme de cette entité publique, avoisinant les 4,4 milliards de dinars auprès de la Banque extérieure d’Algérie (BEA), qui sera rééchelonnée. C’est ce qu’a fait savoir, hier, son tout nouveau PDG, Mustapha Chaoui, à l’APS, précisant que la démarche de rééchelonnement sera accompagnée «d’une période de détente de 3 années pour donner un nouveau souffle à l’entreprise».
S’exprimant à la veille de la reprise des activités de l’usine de Oued Aïssi, après un arrêt technique d’un mois, suivi par un autre mois marqué par le refus des travailleurs de l’Eniem de retourner à leur travail, M. Chaoui a mis en évidence le rôle de la banque pour une entreprise se trouvant aujourd’hui dans une situation d’asphyxie financière qui la prive de s’approvisionner en matières premières et de faire tourner les chaînes de son complexe industriel. «La banque demeure un partenaire dont l’entreprise, en situation de crise, a besoin», a-t-il soutenu, ajoutant que «le principe de l’accompagnement est acquis dans le cadre de ce plan de redressement et de relance». Ce qui signifie, assez clairement, qu’en plus du rééchelonnement de sa dette déjà existante, l Eniem aura besoin de nouveaux crédits auprès de la même BEA pour financer ses approvisionnements en matières premières notamment. C’est pourquoi, d’ailleurs, «il reste à définir les modalités de ce rééchelonnement et à rassurer la banque sur l’opportunité d’ouverture de nouvelles lignes de crédit au profit de l’entreprise», a encore précisé le PDG installé mardi dernier, que les garanties de l’Eniem aux crédits attendus seront «l’hypothèque de son patrimoine actif».
Outre le rééchelonnement de sa dette auprès de la BEA, la filiale d’Elec Al Djazaïr «est à la recherche et la concrétisation de contrat de partenariat avec des partenaires locaux ou étrangers dans l’objectif de se conformer aux dispositions du nouveau cahier des charges de la filière électroménagère qui exige un certain taux d’intégration des produits», a poursuivi son nouveau premier responsable. Une opération entamée par son prédécesseur à ce poste, Djilali Mouazer, avant qu’il ne soit limogé, lundi dernier, sous la pression des travailleurs qui lui reprochaient d’être à l’origine de la crise financière vécue par l’Eniem.
Cette dernière a, en outre, besoin «d’intégrer de nouvelles technologies «pour être compétitive et pouvoir se placer sur le marché», a, par ailleurs, relevé l’intervenant. Expliquant, qu’aujourd’hui encore, l’entreprise dont il vient de prendre les rênes propose des produits qui utilisent la technologie dite de «froid statique», consommatrice d’énergie, aux taxes élevées et qui fait augmenter le coût de production. Le défi est d’intégrer les nouvelles technologies pour basculer vers celle dite «Go Frost», plus économique». «Nous sommes obligés de suivre l’évolution du marché et d’aller vers la compétitivité de nos produits pour pouvoir les placer», a-t-il insisté, rappelant que des contacts ont été déjà lancés dans ce sens avec certains groupes dont, Condor, Iris et Brandt entre autres.
M. Chaoui a fait ces déclarations à la veille de la reprise, aujourd’hui, de l’activité à l’usine Eniem de Oued Aïssi. Celle-ci constitue «l’objectif premier» et se fera avec le peu de matière première dont elle dispose et l’accompagnement des pouvoirs publics et des différents partenaires», a-t-il poursuivi.
Une reprise qui a lieu après deux mois d’arrêt, dont un mois de chômage technique décidé par l’ancienne direction de l’entreprise et un autre mois marqué par le refus des travailleurs de reprendre leur travail, le conditionnant par l’éviction du désormais ex-PDG et la non-comptabilisation du congé technique dans les salaires.
La première revendication a atteint son objectif avec le limogeage de M. Mouaze, alors que la seconde sera examinée en Conseil d’administration, a assuré, mardi dernier, le nouveau PDG de l’Eniem, lors d’une brève entrevue avec les travailleurs. C’est d’ailleurs sur la base de cet engagement que les travailleurs se sont donné rendez-vous pour la reprise du travail aujourd’hui.
«Je comprends l’appréhension des travailleurs et je me suis engagé, lors de mon installation, à procéder à l’annulation de cette décision pour les rassurer et leur permettre de reprendre le travail», s’est de nouveau engagé hier leur nouveau PDG.