La crise que traverse l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem) semble trouver une voie vers le dénouement. En témoigne la nouvelle déclaration faite dans cette perspective par le ministre de l’Industrie. Hier, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale, Ferhat Aït Ali Braham a affirmé que la situation de cette entité industrielle était en voie de règlement. «Le premier dossier qu’on traitera est celui de l’Eniem. On devrait aboutir à la solution lors de la rencontre qu’on va tenir au cours de la journée de ce dimanche», a-t-il assuré.

Une annonce qui a fait sans doute des contents parmi les travailleurs de l’entreprise publique. Ces derniers avaient refusé de reprendre le travail, la semaine dernière, après l’expiration du mois de chômage technique auquel ils ont été soumis en décembre dernier. Cette mesure, prise par la Direction de l’entreprise en guise de plan social, est venue remettre dans l’actualité la crise que traverse la filiale du groupe Elec El Djazaïr depuis quelques années et qui avait déjà donné lieu, entres autres opérations, à un premier arrêt technique de l’usine de Oued Aïssi en février 2020.
Des arrêts provoqués par le même problème financier qui empêche l’Eniem de s’approvisionner en matières premières. Mais cette fois, la situation de crise a donné lieu à un bras de fer entre les employés et le staff dirigeant de l’entreprise, notamment son P-DG, Djillali Mouazer,déclaré persona non grata, après avoir été accusé d’être le responsable principal de la situation dans laquelle se débat le complexe électroménager public. C’est d’ailleurs par «le départ» de ce dernier, mais aussi par la «non-comptabilisation du congé technique dans les salaires» que les travailleurs, mis au chômage technique, avaient conditionné leur retour au travail, le 3 janvier. Deux conditions qu’ils ont mis en avant durant tout un mois d’arrêt de travail marqué par des opérations de contestation et des appels aux autorités concernées pour une solution à la crise qui secoue leur entreprise pour cause de situation financière désastreuse empêchant les ateliers du complexe de Oued Aïssi de s’approvisionner en matières premières, notamment en kits CKD-SKD servant au montage des appareils électroménagers.
Pendant ce temps, le premier responsable de l’entreprise ne cessait de répéter que lui et son staff s’employaient à trouver une solution à la crise en proposant un plan de sauvetage en élaboration avec le groupe Elec El Djazaïr et le ministère de l’Industrie. Lequel plan a été soumis aux responsables des banques, le 13 décembre dernier, lors d’une réunion entre les trois parties. Cependant, aucun détail n’avait filtré de cette tripartite, ce qui donne à apprécier la difficulté pour les pouvoirs publics à trouver des solutions susceptibles de faire sortir des entreprises publiques comme l’Eniem et l’ENI de l’impasse dans laquelle elles se sont retrouvées depuis déjà plusieurs années pour différentes raisons, objectives et subjectives.
De son côté, M. Aït Ali n’avait pas hésité à souligner que «le secteur public doit bénéficier d’une relance et d’un financement, mais sur des bases financières saines».
Dans le cas précis de l’Eniem, la relance et le financement s’opèrent pour une entreprise redevable de 13 milliards de dinars aux banques, faut-il le rappeler. Un seuil d’endettement qui «laisse les banques hésitantes quant au financement de son complexe industriel», avait également fait remarquer le ministre du secteur.