Fin janvier, la direction du complexe électronique Enie tirait la sonnette d’alarme. A cause des difficultés d’accès aux crédits pour l’importation au titre de l’année 2020 des kits SKD et CKD destinés à son industrie, l’entreprise publique risque de voir ses activités sérieusement perturbées, voire compromises, ont avancé certains observateurs.

Face à cette situation, son P-DG Abbès Mekamel a lancé un appel aux pouvoirs publics et au Conseil de participations de l’Etat (CPE) de porter secours à l’entreprise par un « coup de pouce » et pour débloquer les crédits nécessaires à la relance de ses activités. En attendant que le CPE se prononce sur le dossier Enie, son manager demeure optimiste. Il affirme qu’en dépit des difficultés, le complexe électronique qu’il dirige mérite d’être soutenu comme ses ambitions de devenir un pôle d’excellence.
Dans un entretien avec Reporters (lire entretien ci-dessus », Abbès Mekamel jure que l’Enie, qui était un fleuron de l’industrie de l’électroménager et de l’électronique grand public, qui compte actuellement un effectif de 1 200 salariés toutes catégories confondues, peut le redevenir et se transformer en opérateur performant tant à l’échelle nationale que régionale. Il estime que l’effacement de la dette de l’entreprise et la mise en œuvre d’un nouveau plan de développement en 2011 n’est pas un échec, dès lors que ces deux grandes opérations lui ont permis de moderniser son processus et de diversifier la gamme de produits électroniques « grand public » et « professionnel » sortis d’usine. L’objectif, aujourd’hui, est de poursuivre entre autres le projet d’intégration électronique, un investissement de 4 400 millions de dinars pour une capacité de production de cartes mères d’un million de pièces/jour, de continuer dans le segment du photovoltaïque qui bénéficie d’un budget de 500 millions de dinars, sans compter l’étalonnage des équipements de test et de maintenance des cartes électroniques (des budgets de 60 millions et de 400 millions DA). L’enjeu, lui, est de s’orienter vers des activités professionnelles à fortes valeurs ajoutées et se placer comme étant une plateforme industrielle aux entreprises et opérateurs nationaux et étrangers. Un choix qui se fera loin du segment « grand public » pour lequel Enie ne détient que 20 à 25% de parts de marché en raison de « la forte compétitivité et la faible marge bénéficiaire », explique le P-DG Abbès Mekamel. Le rêve est de devenir un véritable « cluster » électronique avec une position sur le marché national qui lui permettrait de conquérir par la suite une place sur le marché international, estime-t-il. D’ici là, il s’agit de parer au plus urgent, d’avoir les crédits nécessaires et s’approvisionner en kits nécessaires au plan de charge de 2020. A cela, il faut ajouter le maintien de la concertation avec le partenaire social et tenter d’éviter des grèves comme celle qui avait paralysé pendant trois jours le complexe durant l’été 2019. <