Dans les années 1970, le président français Valéry Giscard d’Estaing avait lancé le slogan «on n’a pas de pétrole mais on a des idées». C’était une réaction au choc pétrolier de l’époque et dont l’objectif était de mobiliser les ressources locales pour résister aux contrecoups de la hausse des prix de l’or noir. Avec la conjoncture actuelle, l’Algérie peut bien se prévaloir d’un slogan dz qui ressemblerait à un «on a du pétrole et on a des idées».
C’est d’autant d’actualité que Sonatrach vient de réaffirmer sa résolution de mettre en application sa stratégie en matière d’intégration nationale. En permettant, tel annoncé hier par son PDG, Toufik Hekkar, aux entreprises locales l’acquisition de projets EPC (Engineering Procurement Construction), la compagnie pétrolière affiche des intentions, si c’est réellement mis en œuvre, plus que louables.
Au-delà de l’effet d’annonce, cette ouverture pour les entreprises algériennes aux projets de Sonatrach va sans aucun doute avoir des effets positifs. Entre autres, il est question de la possibilité de l’émergence de compétences nationales dont les bénéfices pourront être perceptibles à court et à long terme. C’est également une occasion de soutenir le tissu industriel des PME et PMI, si important pour l’économie locale.
L’annonce du PDG de Sonatrach va surtout permettre de détrôner les nombreuses compagnies de services étrangères, à l’instar de Schlumberger (France), Haliburton (Etats-Unis), JGC (Japon) ou encore Petrofac (Grande-Bretagne), qui s’étaient appropriées, et depuis de nombreuses années, le marché des EPC. Les chiffres donnés par Toufik Hekkar en sont la meilleure illustration. Six milliards de dollars ont été engloutis, juste en 2019, dans des contrats projet en EPC avec ces compagnies étrangères ! Près de 60 ans après l’Indépendance, et après avoir formé des millions de diplômés, l’Algérie continuait encore d’accepter d’être spoliée. Il fallait mettre le holà.
La double crise engendrée par la Covid-19 et la chute des cours de pétrole est venue obliger Sonatrach à fermer ses vannes dont le pays a si peu profité. Le manque à gagner, avec la diminution des recettes, peut être un stimulant pour redonner espoir aux nombreuses ressources humaines locales. L’indépendance passe aussi par ce chemin.