On inspire, on expire et essayons de réfléchir sereinement. Ce deuxième anniversaire du Hirak est une occasion de se remettre en cause, et cela concerne tous les Algériens et de tous bords. Et là, une question s’impose : quels bords ?
A priori, ce qui saute aux yeux dès la prononciation du mot, il s’agirait de tendance, ou encore de «camps», et cela dans un cadre qui s’impose automatiquement, celui de la politique. Pourtant, à y réfléchir, juste un peu, c’est ce qui manque dans le paysage algérien.
Deux ans après le soulèvement populaire, point de programme politique ni d’une feuille de route claire et précise. Le Hirak a eu l’occasion, et à plusieurs reprises, de s’organiser pour, au moins, essayer de rassembler les forces qu’il a déclenchées. Le refus et le «non» ne peuvent être mobilisateurs que pour une courte durée. Que d’occasions perdues.
Néanmoins, il n’est jamais trop tard pour bien faire. L’Algérie d’avant le 22 février 2019 et l’actuelle ne se ressemblent pas. Ça restera une rupture multiforme de tout ce qui s’est passé auparavant. C’est une exigence de l’Histoire, avec un grand H, et également des citoyens. Malheureusement, ces derniers, et malgré tous les bruits (plus virtuels qu’autre chose), demeurent les oubliés. A ce jour, la scène présentée comme politique semble oublier l’essence même de sa propre existence, en se concentrant souvent sur des chamailleries, alors que le plus important est omis. Un «positionnement» qui a engendré le détournement de la notion d’engagement.
Il y a urgence à prendre de la hauteur. Elle est d’autant cruciale que l’enjeu est l’avenir du pays. Loin des discours démagogiques, il est nécessaire de changer de paradigme. La première des conquêtes, c’est celle des citoyens. Pour cela, ils ont besoin de voir clair dans ce qu’on leur présente. Il faut croire que ce n’est pas le cas. L’indigence des «propositions» est flagrante.
La rupture déclenchée il y a deux ans mérite bien plus que la piètre image du «contenu» donné à ce jour.