Synthèse par Leila ZAIMI
En à peine six mois, au moins 800 enfants ont subi des violences en Algérie. C’est le chiffre qu’a avancé Mme Meriem Chorfi, déléguée nationale à la promotion et la protection de l’enfance, avant-hier lundi, depuis Tamanrasset. Les cas de signalement enregistrés sont liés aux «phénomènes de maltraitance, d’exploitation d’enfants dans la mendicité, d’agression ou de travail de mineurs dans des activités économiques», a rapporté l’agence nationale.
A titre de rappel, en avril dernier, la même responsable a fait état de 450 saisines sur l’atteinte aux droits de l’enfant, en seulement trois mois. Depuis, 350 cas ont été enregistrés, selon les statistiques des organismes dédiés à la protection des enfants. Les violations et les dépassements se répètent pratiquement. Dans des déclarations précédentes, Mme Chorfi a affirmé que son organe reçoit quotidiennement, sur le numéro vert 11-11, près de 10 000 appels.
S’exprimant en ouverture d’une journée sur «les mécanismes de la protection de l’enfance», la déléguée s’est félicitée de l’impact de la ligne téléphonique pour alerter et signaler les dépassements à l’encontre des enfants. Le numéro vert 11-11, dit-elle, est l’un des mécanismes de protection sociale en Algérie. Comme à chaque sortie, Mme Chorfi évoque les grands pas qu’a fait notre pays en matière de protection des enfants précisément en ce qui concerne l’arsenal juridique, et ce, dès les premières années de l’Indépendance. «L’Algérie a réalisé de grands pas en termes de protection de l’enfance à la faveur d’une batterie de dispositions et de lois promulguées et de conventions internationales signées», a-t-elle souligné.
Dans ce cadre, le responsable du bureau de l’Unicef en Algérie, Isselmou Boukhari, qui accompagnait la déléguée dans sa visite dans le Sud du pays, a souligné, de son côté : «La loi promulguée en 2015 par les pouvoirs publics algériens, concernant la protection de l’enfance, est une loi complète. La mise en place d’un organe national de protection et de promotion de l’enfance, œuvrant en coordination avec les différents acteurs, est d’une grande importance.» Ajoutant que «les défis rencontrés sont cependant inhérents à l’application des lois, en sus de la recrudescence du phénomène de violence qu’il nous appartient de dissuader».
A cette occasion, la même responsable a mis l’accent sur «la nécessité d’intensifier les campagnes de sensibilisation et d’impliquer les médias en tant que partenaire essentiel pour promouvoir et mettre en exergue les mécanismes de protection de l’enfant», lors d’une journée d’études à l’université Hadj-Moussa-Ag-Akhamoukh, en présence d’un panel de spécialistes et d’universitaires. <