Le dossier des énergies renouvelables continue à alimenter les sorties sur terrain des responsables concernés, notamment le ministre de l’Energie, Mohamed Loukal. Ce dernier s’est exprimé une nouvelle fois sur le sujet, précisément sur le commissariat aux énergies renouvelables dont la création est attendue avant la fin de ce mois de septembre.
S’exprimant à partir d’Oum El Bouaghi, où des explications lui ont été fournies sur l’alimentation d’une école en énergie solaire, M. Loukal a soutenu que l’avènement de ce commissariat « ouvrira la voie au lancement de grands projets dans divers secteurs », soulignant que « les préparatifs pour la création de ce commissariat se déroulent au niveau du ministère de l’Energie ».
L’installation de cette instance a fini par s’imposer vu les lenteurs que connaît, sur le terrain, la mise en œuvre du programme national des énergies renouvelables, étalé, faut-il le rappeler, jusqu’à l’année 2030. Un programme ambitieux, mais qui ne réussit pas pour autant à emballer les investisseurs. En témoigne, assez clairement, le nombre réduit d’opérateurs à y avoir soumissionné en juin dernier pour Ghardaïa, Biskra, Ouargla et El Oued. Ces derniers n’étaient que 8 au rendez-vous de l’ouverture des plis techniques, contre 93 à avoir initialement répondu à l’appel d’offres et retiré les cahiers des charges pour ces quatre wilayas du Sud. Le président de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG), Abdelkader Choual, avait alors justifié le nombre négligeable des soumissionnaires par les difficultés que rencontrent les investisseurs potentiels algériens à élaborer leur offres techniques, sachant que les énergies renouvelables représentent un créneau carrément nouveau pour eux.
« Plusieurs investisseurs voulaient soumissionner à cet appel d’offres, mais ont probablement rencontré des difficultés dans la préparation de leurs offres techniques.
C’est compliqué, d’autant plus qu’il s’agit d’un processus tout à fait nouveau chez nous », avait expliqué M. Choual. Le programme national des énergies renouvelables ne butte assurément pas que sur ces difficultés rencontrées par les soumissionnaires potentiels.
Le projet, qui s’adresse aux investisseurs locaux, qu’ils soient seuls ou en partenariat, en vue de la réalisation de plusieurs centrales électriques solaires photovoltaïques d’une capacité globale de 150 MWc (mégawatt-crête) pâtit en premier lieu d’une vision pas assez claire chez les pouvoirs publics. Un nouvel aveu dans ce sens a été fait par le Premier ministre, Noureddine Bedoui, lors de la réunion du gouvernement consacrée à plusieurs dossiers dont celui des énergies renouvelables.
« Notre pays a mis en place un programme ambitieux des énergies renouvelables jusqu’à l’horizon 2030, mais l’absence d’une stratégie globale, intégrée et claire a mis à l’écart les efforts consentis dans ce domaine.
La plupart des réalisations accomplies étant focalisées sur des initiatives sectorielles individuelles, d’où l’impératif de revoir l’approche actuelle », a déclaré M. Bedoui, avant d’appeler à l’accélération de l’installation du Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, évoqué par le ministre de l’Energie, avant la fin septembre.
Ce dernier rappellera, trois jours plus tard à partir de Tébessa, les propos tenus par le chef du gouvernement, à savoir le commissariat en voie de création qui « exécutera le programme national relatif aux énergies renouvelables à travers tout le pays, en élaborant une stratégie globale et un plan d’action reposant sur des mécanismes spécifiques visant à développer ce domaine afin de concrétiser la nouvelle orientation de l’Etat qui passe par l’exploitation de ces énergies alternatives ».
Dans ce sens, l’ex-P-dg de Sonelgaz a relevé l’importance de passer à l’exploitation de l’énergie solaire, dont l’Algérie dispose d’une moyenne de 3 000 heures par an, comme source d’énergie alternative génératrice de revenus, tout en permettant de créer des centres de développement des énergies renouvelables, notamment solaire.<