Dans une étude publiée, hier, portant sur le potentiel algérien en hydrogène vert, l’agence allemande GIZ, en association avec les deux ministère de l’Energie, de la Transition énergétique et des énergies renouvelables, proposent d’investir massivement dans les énergies renouvelables et dans l’hydrogène vert afin, d’un coté affranchir le pays de sa dépendance des hydrocarbures et, de l’autre positionner, à terme, l’Algérie sur l’échiquier mondial de l’hydrogène avec, en perspective, d’importants débouchés à l’export.

Par Hakim Ould Mohamed
L’étude en question, qui s’inscrit dans le cadre du partenariat énergétique algéro-allemand, suggère trois phases pour le développement de l’hydrogène vert, une énergie à haute valeur ajournée pour de nombreux secteurs, dont l’électricité, l’industrie et le transport. Il s’agit, primo, de passer par une étape de pilotage et de démonstration (2022-2030) pendant laquelle l’hydrogène vert sera peu utilisé, sauf dans les projets de démonstration ou pilote et sera surtout produit sur place, de manière décentralisée, avec un développement limité des infrastructures. Il sera question essentiellement de mettre en place un environnement et une politique, dont l’objectif est d’encourager et d’accélérer le déploiement de l’infrastructure d’approvisionnement en hydrogène vert. Passée la phase de pilotage et de démonstration, l’étude propose une deuxième étape, à savoir mise à l’échelle et création de marché, s’étalant de 2030 à 2040, qui consiste en la mise en place d’un plan opérationnel et le développement de l’expérience qui en découle qui réduisent les coûts et contribuent à combler l’écart de rentabilité. «À ce stade, on commence également à tirer parti des synergies entre les applications, de l’augmentation de la demande d’hydrogène et de la réalisation d’économies d’échelle pour la production et l’infrastructure», lit-on dans ladite étude. Pendant la troisième phase (2040 – 2050), «une suppression progressive ou un assouplissement de certains quotas ou obligations qui ont été introduits par les phases précédentes pour le passage à l’échelle des technologies powerX (hydrogène) sur des marchés spécifiques sera possible». Pendant cette phase, l’hydrogène vert et/ou ses dérivés seront largement utilisés et deviendront compétitifs tant du point de vue de l’offre que de leurs utilisations finales. Ainsi, les rédacteurs de l’étude proposent un investissement massif sur une industrie de haute valeur ajoutée, dont les grosses cylindrées mondiales, dont l’Arabie Saoudite, ont en mis des dizaines de milliards de dollars pour devenir les leaders de demain. L’étude pointe des enjeux considérables pour l’Algérie, aussi bien en interne qu’à l’international. Partant du fait que l’Algérie recèle un important gisement en énergie solaire et éolien, ce qui fait que les coûts de l’investissement et de la production de l’hydrogène sont faibles, l’enjeu premier étant de permettre à la politique énergétique d’être plus résiliente, à l’avenir, compte tenu de la hausse effrénée de la demande à l’énergie en raison de la poussée démographique et l’urbanisation croissante. «La diversification des sources d’énergie sera essentielle pour garantir la résilience de plusieurs secteurs tels que le système énergétique», estiment les experts ayant contribué à cette étude, soulignant que «la meilleure façon d’y parvenir est d’augmenter la part des énergies renouvelables, de la production d’hydrogène ou de ses dérivés, d’améliorer le couplage sectoriel et de promouvoir des politiques de soutien, des réglementations, des incitations ou le renforcement des capacités». Les rédacteurs de l’étude en question sont unanimes à dire que la feuille de route qu’ils suggère démontre qu’il est techniquement et économiquement possible, en Algérie, de développer une industrie de l’hydrogène vert, «ce qui contribuera à la décarbonisation de plusieurs secteurs et réduira la dépendance éventuelle aux importations à l’avenir». En plus des objectifs environnementaux et budgétaires, qui consiste à mettre l’Algérie en phase avec les engagements mondiaux pour le climat, cette option en faveur des énergies renouvelables et de l’hydrogène devrait aider à introduire sur le terrain les politiques de diversification des sources d’énergies et de devises, étant donné qu’il s’agit d’économies des milliards de dollars injectés dans les subventions à l’énergie et d’offrir à l’Algérie d’importantes perspectives à l’exportation. <