Entre discours lénifiants, propos enthousiastes, une réalité interpelle : le programme des énergies renouvelables (22 000 mégawatts) est toujours au stade embryonnaire. Sur les 4 525 MW fixés pour l’année prochaine, environ 400 MW seulement sont réalisés. Pourtant, selon, Messaoud Khelif, chercheur au Centre de développement des énergies renouvelables (Cder), sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, «l’Algérie dispose des meilleurs créneaux de production d’énergies renouvelables, notamment dans le solaire». Parmi les solutions qui s’imposent, selon lui, figure l’intérêt à accorder aux «petits clients résidentiels qui peuvent former une véritable alternative de production d’électricité». Le décollage recherché indiquait, d’autre part, Mouloud Bakli, spécialiste en énergies renouvelables, passe inexorablement par le développement d’un «écosystème basé sur une fluidité financière et logistique», afin d’arriver à obtenir les prix les plus bas et, également, dégager des gains financiers. Relevant une amélioration en termes de qualité et de prix dans le stockage, l’expert recommande d’augmenter le «mix solaire» en première phase, condition sine qua non de la réussite de la transition énergétique. De son côté, Nourredine Yassaâ, directeur du Centre des énergies renouvelables (Cder), met l’accent sur deux éléments incontournables, le «renforcement de l’intersectorialité» et l’«orientation vers des projets d’envergure». A ses yeux, le déploiement des énergies renouvelables, assurera, d’une part, l’indépendance énergétique de l’Algérie, et générera, dans son sillage, une dynamique de développement économique à travers l’implantation d’industries créatrices de richesse et d’emplois. D’autre part, le développement de l’industrie du renouvelable, qui requiert de l’innovation et du développement technologique, contribuera également à «l’émancipation de la recherche, de l’innovation et du développement technologique dans ce créneau éminemment technologique et créera davantage de passerelles entre le monde de la recherche et celui de l’industrie». Partant de ce constat, le Pr Yassaâ considère que «la recherche scientifique doit participer à toutes les étapes du programme national des énergies renouvelables». Enchaînant, il précise que cette nouvelle solution énergétique doit s’inscrire dans la durabilité. Comment ? «Il est «primordial d’adapter les technologies aux conditions locales et de développer des capacités pour les maîtriser, les installer, les maintenir en marche et les utiliser». Parmi les points faibles, le directeur du Cder cite, entre autres, l’absence de coordination intersectorielle, la difficulté à opérer le changement du paradigme énergétique en raison de la résistance aux changements, notamment dans le secteur de l’énergie, les prix non compétitifs par rapport à l’énergie subventionnée, la non-diversification du secteur du transport de l’énergie, la non-adaptation de la réglementation technique «grid code» aux énergies renouvelables.