Un nouveau rapport de la Banque mondiale passe au crible les politiques énergétiques de 111 économies mondiales. De plus en plus de pays en développement s’imposent comme des champions de l’énergie durable grâce à des politiques solides en faveur de l’accès à l’énergie, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. L’Algérie obtient un bon score de 69 points.

Si le pays rafle la note totale de 100 points en matière d’accès à l’énergie, il perd néanmoins au change en termes d’efficacité énergétique et du développement des énergies propres, deux indicateurs qui déterminent la nature de la politique énergétique d’un pays. Sur ces deux domaines, l’Algérie obtient respectivement les notes de 56 points et 51 points. Bien qu’elle obtienne le même score que le Maroc (69 points), l’Algérie fait mieux que le royaume chérifien en termes d’efficacité énergétique (56 points contre 42 points), mais vient derrière le Maroc en ce qui concerne le développement des énergies renouvelables (65 points en faveur du Maroc contre 51 points pour l’Algérie). La Tunisie, quant à elle, surclasse l’Algérie et le Maroc dans le domaine de l’efficacité énergétique (69 points), tandis que le total points obtenu sur les trois domaines analysés par la Banque mondiale est de 73. Le rapport de la Banque mondiale, qui s’intitule RISE (Regulatory Indicators for Sustainable Energy), repose, faut-il le souligner, sur une nouvelle série d’indicateurs. Première grille d’évaluation de ce type, il passe au crible les politiques de 111 pays dans trois domaines : l’accès à l’énergie, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. La Banque mondiale souligne dans son rapport que, pour améliorer l’accès à l’électricité, il faut veiller à ce que son coût soit abordable pour les consommateurs, mais aussi préserver la viabilité financière des entreprises d’électricité. L’institution de Bretton Woods juge qu’avec la chute du coût des panneaux solaires, l’électricité peut désormais être acheminée jusqu’à des consommateurs qui ne sont pas desservis par le réseau électrique. Si le renouvelable se développe à petits pas dans les trois pays du Maghreb, fait constater, en somme, la Banque mondiale, elle plaide néanmoins en faveur d’un effort supplémentaire en matière d’efficacité énergétique. La déperdition énergétique dans les trois pays est telle qu’un effort devrait être consenti pour améliorer l’efficacité et permettre des économies. L’enjeu est crucial pour les trois nations maghrébines qui, aux yeux des experts de l’institution de Bretton Woods, doivent investir davantage dans les énergies renouvelables pour garantir l’approvisionnement énergétique à long terme. D’après le rapport, de nombreux pays, en particulier parmi ceux en développement, sont loin de prêter autant d’attention à l’efficacité énergétique qu’aux énergies renouvelables. « Or, ce sont précisément les mesures de maîtrise de l’énergie qui présentent généralement le meilleur rapport coût-efficacité pour la transition écologique dans le secteur énergétique », lit-on dans le rapport en question. Affectée par la baisse des cours pétroliers mondiaux, l’Algérie fait montre depuis quelques mois d’une attention particulière portée aux énergies renouvelables. Le pays vient de lancer un appel d’offres international pour produire 4 000 mégawatts en énergies propres en 2017. Selon les propos du ministre de l’Energie, Nouredine Boutarfa, l’Algérie est résolue à faire des 20 prochaines années une ère de véritable développement pour l’énergie durable.
Le ministre a rappelé récemment, à l’occasion du lancement dudit appel d’offres, que le programme national des énergies renouvelables prévoit l’installation d’une puissance de 47-51 TWh d’ici 2030, dont plus de 9 TWh d’ici 2020. La phase initiale de ce programme a déjà été lancée et, depuis la fin de 2016, l’Algérie a une capacité de 343 MW répartis sur 14 wilayas, a-t-il relevé, soulignant qu’actuellement, 16 usines d’une capacité de 195 MW sont déjà fonctionnelles et fournissent de l’énergie renouvelable au réseau, et six autres le seront prochainement.