La part des énergies renouvelables dans la consommation mondiale d’énergie finale a atteint 17,5% en 2015, et devrait arriver à 21% en 2030, selon un document publié hier par cinq agences internationales, en l’occurrence l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (Irena), la Division des statistiques des Nations unies (UNSD), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les formes modernes d’énergie renouvelable (géothermie, hydroélectricité, énergie solaire et éolienne…) passeront de 9,6% en 2015 à 15% en 2030, souligne le même rapport, précisant que, toutefois, ce taux restera inférieur à l’augmentation «substantielle» exigée par l’objectif du développement durable n°7 (ODD 7).
Cette situation est l’un des résultats de la lenteur qui caractérise les progrès sur les objectifs mondiaux en matière d’énergie, fait remarquer la même source.
En effet, les cinq agences considèrent que «les progrès sur les objectifs mondiaux en matière d’énergie sont lents et le monde n’est pas en voie de les atteindre pour 2030». Elles notent que face aux tendances mondiales «décevantes»,  des signes «encourageants» proviennent néanmoins des expériences nationales récentes. Lesquelles expériences permettent de croire en la capacité des pays à fournir une contribution «substantielle» à l’énergie propre, à l’accès à l’énergie et l’amélioration de la vie de millions de personnes.
Sur le même registre du constat optimiste, le rapport fait état de réels progrès dans certains domaines, dont notamment l’élargissement de l’accès à l’électricité dans les pays les moins développés et l’efficacité énergétique industrielle.
Reste cependant qu’un milliard de personnes, soit 13% de la population mondiale,  n’ont toujours pas accès à l’électricité, est-il encore souligné, précisant que les régions du monde qui enregistrent les «plus importants» déficits sont l’Afrique subsaharienne et l’Asie centrale et du Sud.
Les populations privées d’électricité vivent, bien-sûr, principalement dans les zones rurales (87%), et l’accès universel à l’électricité d’ici 2030 passe inévitablement par l’augmentation du nombre de personnes accédant à l’énergie, estiment les auteurs du document. Ces derniers relèvent, à l’occasion, l’accélération de ce nombre depuis 2010, citant le cas précis de l’Afrique subsaharienne où le déficit d’électrification a entamé un recul notoire pour la première fois et où des dizaines de millions de personnes ont maintenant accès à l’électricité via des systèmes solaires domestiques ou connectés à des mini-réseaux.
Le rapport des cinq agences internationales note, enfin, que la baisse rapide des coûts a permis à l’énergie solaire et éolienne de concurrencer les sources de production d’électricité conventionnelles dans plusieurs régions, portant la part des énergies renouvelables à 22,8% en 2015, mais avec un taux d’électricité qui ne représentait que 20% de la consommation finale.