Encore en cours de finalisation le 15 décembre 2016, lorsqu’il le révélait à Houston devant un parterre d’investisseurs américains dans l’énergétique, le ministre de l’Energie Noureddine Bouterfa a formalisé l’annonce pour un appel d’offres national et international destiné à la production et à la distribution de 4 000 mégawatts d’électricité générée à partir du solaire.

Le cahier des charges étant désormais fin prêt, il sera lancé avant la fin du mois de janvier, selon ce qu’a répondu M. Bouterfa lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales au Conseil de la nation, présidée par Abdelkader Zoubiri, vice-président du Conseil. Il a expliqué qu’«en vertu du cahier des charges, les investisseurs nationaux et étrangers seront tenus de produire et d’assurer le montage local des équipements industriels de production et de distribution des énergies renouvelables, notamment les panneaux photovoltaïques». Cet appel d’offres s’inscrit dans le cadre de l’application du programme national de développement des énergies renouvelables, adopté en 2011, à travers lequel le gouvernement aspire à atteindre un niveau de production de 22 000 mégawatts d’énergie électrique renouvelable à l’horizon 2030, soit un taux de 37% de la production nationale globale d’électricité. Ce plan national vise à produire 7 200 MW en énergie solaire thermique à concentration (CSP), 2 800 MW en énergie solaire photovoltaïque et 2 000 MW en énergie éolienne, le reste étant réparti entre la biomasse, la cogénération et la géothermie. Jusque-là, selon les données du ministère de l’Energie, depuis 2014, une centrale solaire photovoltaïque pilote de 1,1 MW à Ghardaïa et une centrale éolienne de 10 MW à Adrar ont été mises en place, et viennent s’ajouter à la centrale hybride solaire-gaz de 150 MW à Hassi-R’mel. A la même période, et revenant sur les perspectives de partenariat algéro-allemand dans le domaine du développement des énergies renouvelables, M. Bouterfa a rappelé que la Société d’électricité des énergies renouvelables (STKM), relevant du groupe Sonelgaz, avait signé cette année-là un contrat avec une société allemande spécialisée pour réaliser 4 centrales électriques solaires pour un montant de 15,6 milliards de dinars d’une capacité globale de 85 mégawatts répartis sur les wilayas de Saïda (30 mégawatts), Naama (20 mégawatts), El Bayadh (23 mégawatts) et Sidi Bel Abbès (12 mégawatts). Dans la foulée de ses propos, il a également abordé le fameux «Desertec», projet industriel qui devait générer une capacité globale de 1 000 mégawatts, dont 90% destinés à l’exportation vers l’UE. Mais, en 2013, le groupe Sonelgaz avait effectué une étude technique en collaboration avec le centre allemand Desert Industry qui a conclu à la nécessité de réviser les termes juridiques européens liés à l’activité de production et de distribution de l’énergie électrique solaire et à la révision du prix de vente au kilowattheure (kwh) dans l’espace européen, non concurrentiel à l’heure actuelle, explique le ministre à propos d’un projet qui a fini par s’ensabler. En 2015, l’Algérie a produit 63 786 gigawatts (GWh) d’électricité à partir de 95% d’énergie fossile, du gaz spécialement, vu la nature des centrales à turbines dont nous disposons. En 2020, ce seront 82 502 gigawatts transformés à partir de 86% d’hydrocarbures ; et l’électricité produite à partir du solaire et de l’éolien assureront, pour la première fois, les 14% qui restent. Le secteur énergétique mobilisera un montant d’investissement de 74 milliards de dollars sur la période 2016-2020, dont 32 milliards pour le renouvelable.