La position de l’Algérie pour l’élimination totale des armes nucléaires ne l’empêche pas d’exprimer ses ambitions pour une exploitation pacifique de cette énergie, notamment pour la production de l’électricité. Elle ambitionne d’ailleurs de fournir de l’électricité à partir de cette énergie à l’horizon 2030. Mais aussi pour les secteurs de la santé, l’agriculture et l’hydraulique.

C’est ce qui ressort, entre autres, de la 3e édition de l’atelier international des Centres nationaux des données (CNDs), organisé par le Commissariat à l’énergie atomique (Comena), qui se tient depuis hier au Centre international des conventions. Le ministre de l’Energie, M. Mustapha Guitouni, qui a inauguré cet atelier, troisième du genre dans le monde, a signalé que l’exploitation pacifique de cette énergie exige un cadre législatif adéquat.
Et c’est ce à quoi son département est en train de s’atteler actuellement, à travers l’élaboration d’un projet de loi relatif au nucléaire. A côté de cela, une infrastructure est mise en place pour abriter la recherche scientifique dans ce domaine, sur la sécurité nucléaire notamment, à travers deux centres de recherche sur le territoire national.
Sans oublier, rappelle le ministre, la création de l’institut de l’engineering nucléaire et le commissariat algérien à l’énergie atomique, chargé d’accueillir et de fournir des informations précises sur tout ce qui a trait au nucléaire dans le monde.  Le but de l’atelier, justement, est de faire le point sur le système de vérification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).
Le ministre a rappelé, à ce propos, que l’Algérie subit toujours les conséquences des essais nucléaires français sur l’homme et l’environnement et que le dossier d’indemnisation des victimes est toujours en cours, précisant, qu’en 2018, les droits ne sont plus les mêmes que dans les années 1960. «Animée par la conviction de suppression des armes nucléaires, notre pays a ratifié très tôt le TICE et appelle, de par le monde, les pays non adhérents à le signer. Et ce, afin que le traité soit une norme internationale juridiquement contraignante au sein du régime de désarmement et de non-prolifération nucléaire», a-t-il soutenu, signalant que l’Algérie plaide en faveur de la coordination des efforts pour accélérer le processus de ratification du traité.
Cet atelier, auquel participent des experts du monde entier, est un espace de partage des expériences et d’échanges d’informations sur tous les aspects qui concernent les données, les produits et les services dans le nucléaire.
«Notre pays juge important le renforcement des capacités des pays signataires du traité, des pays africains et en développement notamment, afin que les connaissances soient au même niveau», précise-t-il, soulignant que l’Algérie est pour la diversification des énergies renouvelables pour répondre aux besoins nationaux. Il a rappelé dans ce contexte le projet de loi relatif aux hydrocarbures, toujours en cours d’élaboration, basé sur les expériences des pays producteurs, ainsi que le projet de conversion de 500 000 véhicules au Sirghaz. A ce propos, il a fait savoir que Naftal a reçu des instructions pour former des jeunes autour de ce type de conversion, pour la création d’ateliers spécialisés dans ce créneau. «Une convention sera signée la semaine prochaine avec le ministère des Transports pour la conversion au Sirghaz de 50 000 taxis. Le but est de réduire les importations de carburant qui représentent 3,5 millions de tonnes d’essence et de gasoil», expliquera-t-il, en annonçant, par ailleurs, une réunion, le mois prochain à Vienne, de l’Opep autour de l’accord de limitation de la production qui prendra fin en décembre 2018.