Boulekhrass Chaher a été désigné nouveau P-DG de Sonelgaz, selon un communiqué de la Présidence de la République rendu public hier. Il succède à Mohamed Arkab, nommé ministre de l’Energie dans le gouvernement de Noureddine Bedoui. Boulekhrass occupait jusque-là les fonctions de directeur général de Shariket Kahraba wa Taket Moutadjadida (SKTM), une filiale de production d’électricité de la holding Sonelgaz. Jeune dynamique, ambitieux et très près des gens de l’entreprise, il a fait carrière pendant plusieurs années à Sonelgaz.
Il prend aujourd’hui la tête d’un groupe en difficulté sur le plan financier et de l’investissement. Il sera ainsi confronté à plusieurs défis à relever.
Outre le recouvrement des créances qui se chiffrent en milliards de dinars, le nouveau patron de Sonelgaz est appelé à assainir la situation financière de l’entreprise, à dépoussiérer le très sensible dossier des tarifs de l’électricité, à mettre en place un package de services intégré en vue de rendre effective la réalisation de l’objectif d’exportation de l’électricité vers le Maghreb et vers l’Europe, et enfin, à faire accélérer le développement des énergies renouvelables. Boulekhrass Chaher connait le renouvelable pour avoir travaillé sur plusieurs projets dans ce domaine. Consciente des enjeux de ces énergies, l’Algérie a mis en œuvre un ambitieux programme pour les développer. Le pays veut atteindre une puissance de 22 000 MW à l’horizon 2030, dont 10 000 MW destinés à l’exportation. Cela est réalisable si le pays arrive à mettre à profit les potentialités considérables dont il dispose. Ce programme en est d’ores et déjà à sa deuxième étape, marquée par le lancement de plusieurs projets de centrales photovoltaïques, réparties à travers les régions des hauts plateaux et du sud. A ces projets s’ajouteront d’autres centrales photovoltaïques dans les cartons destinées aux régions du sud. Elles seront construites aux côtés des centrales diesel existantes, dans le but d’introduire un système d’hybridation, et d’assurer de la sorte une continuité de la fourniture d’énergie en alternance, c’est dire que le système classique alterne avec celui du renouvelable. De ce fait, l’Algérie entrera de manière effective dans l’ère du mix énergétique. Ce type de projet requiert, en outre du temps et de la mobilisation de personnes qualifiées, des moyens, ce qui n’est pas simple au départ. Sous sa direction, SKTM a réalisé des projets permettant d’améliorer considérablement l’intégration énergétique dans les régions du sud, ce n’est pas une sinécure, compte tenu des réseaux isolés du sud, l’éloignement des sites de production, et l’inexistence d’interconnexion entre les centrales, ce qui implique que la reprise de la fourniture en énergie, en cas de pannes, ne peut se faire par le recours à des moyens externes, mais en utilisant des moyes locaux, c’est-à-dire à l’échelle des régions du sud. A cela, il faut ajouter, les difficultés d’approvisionnement en fuel, par des moyens roulants, avec tout l’impact sur l’efficience opérationnelle de SKTM, notait dans l’une de ses déclarations son directeur général. Boulekhrass Chaher a grandement contribué à l’enrichissement du cahier des charges se rapportant au projet de production de 150 mégawatts d’énergie renouvelable. Il s’agit d’un projet en attente de mise en œuvre depuis plusieurs mois.<