Après une décennie de très faible activité pétrolière et énergétique en Libye, une ferme reprise est annoncée. Elle revient donc par le retour en force du groupe pétrolier et gazier Sonatrach et le français Total Energies.

Par Bouzid Chalabi
C’est ce qu’a révélé, pour sa part, Sonatrach dans une communiqué publié hier sur sa page Facebook, informant de la reprise prochaine de ses activités de prospections et de production ainsi que des activités de réhabilitation et de maintenance en Libye. Toujours selon cette même source, « les modalités d’une coopération conjointe avec la partie libyenne et la contribution de Sonatrach, notamment à travers ses filiales de services pétroliers, à la réhabilitation et à la maintenance des installations pétrolières et gazières, ainsi que la reprise par Sonatrach de ses activités d’exploration et de production dans le futur proche, ont été évoquées à l’occasion du sommet « Energy & Economy Summit » qui s’est tenu à Tripoli les 22 et 23 novembre, première conférence organisée depuis 10 ans en Libye à l’initiative du gouvernement d’unité nationale. Et à laquelle « a participé la Sonatrach en présence de son PDG Tewfik Hakkar et d’une délégation de ses cadres supérieurs ainsi que des directeurs généraux des filiales spécialisées dans les activités pétrolières du groupe », indique le communiqué. Ce sommet vise à présenter le projet du gouvernement libyen d’investir dans le secteur pétrolier et gazier avec les compagnies pétrolières, d’augmenter les capacités de production, de former les cadres libyens, en plus des projets d’investissement dans le domaine des énergies alternatives et de soutenir et développer le secteur public de l’électricité réseau.
A noter que Sonatrach est présente en Libye depuis 2005 dans le cadre de contrats de partenariat d’exploration et de production avec la compagnie pétrolière libyenne mais s’est retirée, en 2011, en raison du conflit très violent qui a déstabilisé la vie économique du pays notamment dans le domaine pétrolier. Le groupe est revenu en juillet 2012, jugeant que la situation avait repris le chemin de la normalité. Mais ce n’était que pour une courte durée, vu que deux années après (2014), Sonatrach a été obligée, une nouvelle fois, de stopper ses activités en Libye et de rapatrier ses employés algériens.
Concernant Total Energies, il a annoncé hier la signature de plusieurs accords avec la Libye lors du sommet suscité. Les contrats, selon le groupe français, « visent à développer des projets solaires pour apporter de l’électricité aux populations de Libye et investir dans des projets de réduction du brûlage du gaz sur les champs pétroliers pour alimenter en gaz des centrales électriques, ainsi qu’à contribuer à l’objectif national de restaurer la production de pétrole du pays pour atteindre 2 millions de barils par jour et alimenter les marchés mondiaux », précise Total Energies. On lit en outre qu’un protocole d’accord a été signé à cette même occasion entre Total Energies et la compagnie nationale d’électricité du pays, « portant sur le développement de projets solaires photovoltaïques d’une capacité totale de 500 MW, afin d’alimenter le réseau d’électricité libyen ». Il est enfin indiqué que Total Energies à travers ses accords confirme sa volonté de renforcer ses investissements dans le secteur de l’énergie en Libye. « Nous avons pour ambition d’aider le pays à bâtir un avenir plus durable par une meilleure utilisation de ses ressources naturelles, notamment l’énergie solaire », a déclaré Patrick Pouyanné, PDG de Total Energies, cité dans le communiqué. Rappelons que le groupe français est présent en Libye depuis 1954. Il indique qu’en 2020, sa production s’élevait à 43 000 barils équivalent-pétrole (bep/j). n