Le projet Desertec, qui devait se concrétiser après l’accord signé en avril par Sonelgaz avec la partie allemande, semble encore faire du surplace. Les différentes déclarations des officiels sur la question, bien que rassurantes, semblent indiquer que le processus de réalisation s’étire en longueur.

Des concertations sont en cours avec la partie allemande en charge de l’initiative Desertec pour le lancement des projets de centrales solaires, a fait savoir, jeudi le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab. Sonelgaz a effectivement entamé les concertations avec la partie allemande sur les projets de centrales solaires, y compris les aspects opérationnel et juridique, a ajouté le ministre lors de son audition devant la Commission des finances et du budget de l’APN. Mais entre les déclarations sporadiques sur le sujet et le début de l’accomplissement semble s’installer une léthargie inquiétante. C’est en avril dernier que Sonelgaz a signé avec l’initiative Desertec un mémorandum d’entente pour élaborer une vision commune de coopération entre les deux parties. La première étape de cette coopération devait entamer les études techniques détaillées des capacités de l’Algérie en énergie solaire, outre la formation et la qualification de spécialistes algériens dans ce domaine. L’initiative Desertec s’inscrivant dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de transfert énergétique de l’Algérie. Le ministre de l’Energie a ainsi affirmé récemment que le projet d’énergie solaire Desertec n’est qu’un projet parmi d’autres qui s’inscrit dans le cadre d’une stratégie énergétique nationale en cours de préparation en coordination avec plusieurs ministères, dont celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Une initiative s’inscrivant dans le cadre de la stratégie du gouvernement, celle de « la transition énergétique ». Le ministre dira que n’était la pandémie du coronavirus un accord aurait déjà été signé entre l’Algérie et Desertec comme prévu début avril. « Sonelgaz est aujourd’hui en relation par visioconférence avec eux, il y aura un accord dans les prochaines semaines ». Pour l’heure point de date sur cet accord.

Le solaire inexploité
Le projet Desertec a vu le jour en 2003, ce n’est que des années plus tard, que l’Algérie et l’Allemagne sont enfin parvenues à une concordance visant à promouvoir ce méga-projet en tirant profit du réservoir énergétique algérien aux potentialités immenses. Selon les experts, le projet consisterait à fournir à l’Europe pas moins de 17% de ses besoins en énergie à partir de cette source inépuisable. Un premier accord avait été conclu avec la Fondation « Desert Energy » en 2011. Un accord qui n’a pas connu de concrétisation. A cause notamment, affirment des observateurs, de pressions de partenaires européens qui s’inquiétaient de la concurrence qu’allait engendrer ce projet énergétique de grande importance. Le projet a été mis sous le boisseau durant des années. Le ministre de l’Energie annonce le 13 février dernier la relance du projet Desertec assurant que l’Algérie serait capable de produire pas moins de 15 000 mégawatts d’électricité à l’horizon 2030. Et c’est Sonelgaz qui est chargée de mettre en œuvre des programmes de développement des énergies renouvelables par le biais de centrales solaires dans le Grand-Sud. Après plusieurs années d’hésitation, l’Algérie et l’Allemagne sont enfin parvenues à un accord sur ce gigantesque projet. Les adeptes de ce projet restent encore en attente. Aujourd’hui, les capacités de production de l’Algérie en énergie solaire sont toujours faibles, voire inexploitées, malgré les grandes potentialités. Les réalisations algériennes se résument à quelques infrastructures de production d’énergie photovoltaïque qui ne suffisent même à couvrir les besoins d’une petite ville du Sud du pays.<