Le FCE, comme les experts s’accordent à dire que le programme des énergies renouvelables (EnR), bien qu’il soit entamé, accuse un grand  retard.

Le directeur de la Promotion de l’intégration nationale et du partenariat, Hacène Fernane, a indiqué, hier au FCE à l’occasion d’une conférence sur les grands projets solaires en Algérie, que le virage de la transition énergétique est entamé dans notre pays, mais qu’il faudra poursuivre la tendance via des solutions économiques viables pour répondre aux besoins croissants en énergie.
Il faudra accélérer la cadence, selon l’expert en énergie, Tewfik Hasni, si l’on veut que 27% d’électricité soit vraiment produite à base du renouvelable à l’horizon 2030, comme prévu dans le programme national. «Nous sommes déjà en retard dans la fabrication de cette énergie. Et on ne sait pas si on pourra rattraper le retard», constate-t-il.
Pour toutes ces raisons, estime le FCE, et afin que l’Algérie puisse jouer un rôle dans la cour des grands dans le photovoltaïque, la nouvelle réglementation doit être promulguée le plus vite possible ainsi que le lancement des appels d’offres. « C’est ce qui contribuera à la mise en place de l’écosystème et la création de la chaîne de valeurs dans ce domaine. Et ce, par la création de nouvelles filiales industrielles, via les PME-PMI », explique le vice-président du FCE, Brahim Benabdeslam, jugeant nécessaire d’amener les EnR vers un débat social et non seulement d’experts. Car, selon lui, l’un des buts du programme des EnR est de rationnaliser la consommation énergétique et lutter contre le gaspillage. Cela dit, soutient le PDG de SKTM Sonelgaz, Chahar Boulakhras, le programme national vise non seulement à satisfaire la demande en énergie à long terme mais  aussi à respecter les engagements internationaux du pays dans la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique. «Le grand enjeu consiste à favoriser le mix énergétique et la création d’une nouvelle dynamique socio-économique.
C’est surtout dans l’industrie où se créeront le plus d’emplois», dit-il, indiquant que les projets déjà lancés dans les EnR ont généré 800 emplois. Cette dynamique industrielle commence à voir le jour, selon  l’expert en énergie renouvelable, Mouloud Bakli. «Aujourd’hui, nous avons des entreprises qui fabriquent des modules, des câbles et même des structures métalliques», se réjouit-il. Les centrales solaires, par ailleurs, indique le PDG de SKTM, au nombre de 24, dépassent en capacités les objectifs tracés, nécessitant même une révision dans les prévisions. Toujours dans le registre des investissements, la  Commission de régulation des énergies renouvelables et du gaz (CREG) étudie en ce moment un projet d’un appel d’offres à enchère pour la production de 120MW. «Nous venons de clôturer un atelier sur la question animé par des experts allemands», a précisé la représentante de cette commission, Amel Bouali. La chef de projet EnR au ministère de l’Intérieur,  des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Nahla Keddache, a confié, dans son intervention, qu’il fallait une circulaire, signée récemment par le département qu’elle représente et le ministère de l’Energie, afin que les élus locaux s’impliquent dans le déploiement des EnR territorial. «Les collectivités locales ne s’impliquent pas vraiment dans ce créneau qui contribue pourtant à réduire considérablement la facture notamment de l’éclairage public qui leur coûte 10 milliards de dinars/an.
Ils n’ont, en fait, aucune maîtrise de la consommation énergétique et ne voient pas l’utilité d’aller vers les EnR vu que les énergies conventionnelles sont subventionnées», confie-t-elle.
La circulaire obligera les collectivités locales, explique-t-elle, à doter les nouvelles installations d’éclairage public de panneaux photovoltaïques ainsi que l’électrification du foncier agricole au solaire. Un programme d’éclairage public solaire autonome est inscrit pour 2018 dans dix wilayas ainsi qu’un programme d’alimentation électrique des zones du Sud isolées et éparses à partir du photovoltaïque.
La représentante du ministère de l’Intérieur évoque aussi un projet pilote pour l’électrification d’une école en construction dans chacune des 48 wilayas à partir du solaire, et qui devrait être achevé avant la rentrée scolaire 2018-2019.
« Il est prévu également, pour la saison estivale, l’alimentation de l’éclairage sur les plages, les campings, dans les sanitaires, les douches et même pour l’animation, à partir du solaire», signale-t-elle.