Par Rostom El Hadi
Le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), en partenariat avec le journal l’Opinion, a organisé jeudi 1er juillet son Forum Afrique 2021, placé sous le thème «la contribution des entreprises à la relance économique». Les participants au forum, marqué par la présence de nombreuses personnalités politiques et économiques, africaines et françaises, ont détaillé les contours du nouveau pacte des entreprises. Le Président-Directeur général de Sonelgaz Chaher Boulakhras a participé aux débats organisés à l’occasion de cet évènement. Il a déclaré que l’entreprise qu’il dirige examine l’éventualité de partenariats en matière d’interconnexions avec l’Europe (…). Grâce aux infrastructures énergétiques dont elle dispose, Sonelgaz pourrait mettre de tels projets de partenariat sur pied en coopération avec de nombreux pays euro-méditerranéens. Il s’agit là d’une réelle piste de diversification de ses activités à l’international. Les interconnexions devraient permettre non seulement de répondre en toute sécurité aux besoins énergétiques de l’Algérie, mais, également, de rendre plus solide l’ensemble de ses interconnexions avec les pays du Maghreb et du Bassin méditerranéen.
Cela confirme le rôle structurant du secteur de l’énergie dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen. Les interconnexions font partie de la stratégie que le groupe Sonelgaz a conçue en vue de valoriser au mieux le potentiel énergétique national et de mettre en valeur les potentialités favorisant l’organisation des échanges électriques dans la région du Grand-Maghreb et en Méditerranée. Ces lignes serviront à transférer de l’énergie d’Est en Ouest et vice-versa et à réaliser, dans le cadre maghrébin, une dorsale Maroc-Algérie-Tunisie en perspective de l’expansion des réseaux pour la constitution d’une boucle électrique autour de la Méditerranée. Il y a là de réelles opportunités qui s’offrent à Sonelgaz en matière d’exportation de l’énergie électrique. L’entreprise doit les saisir pour mieux assurer sa croissance économique. La transition énergétique va l’y aider, car, favorisant le développement des interconnexions, même si nos dirigeants peinent à mettre en place aujourd’hui des mesures préparatoires efficaces pour paver la route de cette transition énergétique de demain.
Ainsi, les interconnexions devraient présenter une «coloration» verte, s’inscrivant dans le développement durable. Mais, l’on doit considérer que c’est un chantier de longue haleine. A priori, le chantier, facile sur le papier, semble difficile à traduire dans les faits, dans le court et le moyen terme. En théorie, ce seront des installations qui permettront de transporter plusieurs gigawatts d’énergie produite à partir du solaire ou produite selon un mode conventionnel (de l’électricité produite grâce au gaz naturel). Les interconnexions devraient aller vers l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche. On verrait ainsi apparaître un secteur nouveau (celui de l’exportation de l’électricité) et une géographie nouvelle des investissements. De tels projets pourraient apporter une solution à la question, toujours pendante, de la sécurité énergétique dont se plaignent l’Europe et certains pays maghrébins. <