Par Kahina Sidhoum
Jeudi 1er avril, au Conseil de la Nation (Sénat), le ministre de l’Energie a annoncé que des « mégaprojets » pétrochimiques sont en cours de négociation avec de grands groupes étrangers. Mohamed Arkab n’a pas nommé ses futurs partenaires mais il a indiqué que parmi ces grands projets, discutés actuellement, figurent ceux du complexe de craquage du naphta et du gaz de pétrole liquéfié (GPL) à Skikda et du complexe de production du méthanol et ses dérivés d’Arzew, près d’Oran. Tous connaissent un retard d’exécution que le ministre a justifié par leur nature « complexe ». Leur maturation exige des délais de réalisation importants allant de 2 à 3 années », a-t-il déclaré, alors que certains d’entre eux, dont celui d’Arzew, sont en discussion depuis de longues années déjà. Parmi les partenaires en lice, le nom du géant Total a été souvent évoqué.
Dans ses réponses aux questions orales des sénateurs, le ministre de l’Energie a également annoncé le lancement des travaux de réalisation de deux unités de raffinage. La première dans la zone d’Arzew pour une capacité de production de 200 000 tonnes/an de méthyl tert-butyl éther, qu’on utilise notamment comme combustible pour les moteurs à essence et comme solvant. La seconde, dans la zone de Skikda, pour une production de 100 000 tonnes/an d’alkylbenzène destiné entre autres comme matière première à la fabrication de détergents. Pour le premier projet, l’appel d’offres pour la sélection du promoteur a été lancé en mars dernier, selon M. Arkab. Pour le second, les études architecturales ont été « effectivement lancées », a affirmé le ministre, indiquant que « toutes les ZI seront mobilisées pour assurer un lancement rapide des projets relatifs à l’industrie pétrochimique ».
Dans ses rappels aux sénateurs, concernant les investissements concrétisés dans les domaines du raffinage, Mohamed Arkab a évoqué la réalisation à Arzew avec l’Omanais Bahouane de l’unité d’ammoniac d’une capacité de 1,3 million de tonne/an et de 2,3 millions tonnes/an d’urée. Il a cité également l’usine Sorfert, résultat d’un partenariat entre Sonatrach et la compagnie hollandaise OCI, d’une capacité de 1,5 million de tonnes/an d’ammoniac et 1,1 million de tonnes/an d’urée. Avec ces deux grandes usines, la production actuelle de l’Algérie en matière d’urée a atteint 3 448 500 de tonnes/an ; une performance permettant de répondre aux besoins domestiques en ce qui concerne ce produit et susceptible de la placer à l’export, a précisé le ministre de l’Energie.
Les réserves de phosphate
à plus de 1,6 milliard de tonnes
Toujours dans ses réponses aux parlementaires du Sénat, M. Arkab a annoncé la signature de conventions de partenariat pour la construction de deux complexes pour l’extraction de l’hydrogène de propane et la production du propylène. Sur le registre minier, il a affirmé que les réserves géologiques de phosphate dans le pays sont importantes. Elles constituent « une véritable opportunité pour développer l’industrie minière et de traitement à haute valeur ajoutée », a-t-il dit, rappelant que deux projets sont en cours de réalisation : « le projet complémentaire de phosphate » et « le projet de fabrication des produits de phosphate pour la nutrition animale et végétale ». L’ensemble des réserves exploitables disponibles s’élève à 1,659 milliard de tonnes, a-t-il ajouté.
A une autre question sur le management de Sonatrach, le ministre de l’Energie a rappelé que le groupe fait face, depuis 2010, à une instabilité au niveau du staff dirigeant en général, précisant que les changement intervenus sont liés généralement au départ à la retraite, à l’occupation de postes à l’étranger ou à l’implication de certains responsables exécutifs dans des affaires traitées par les tribunaux.
Pour ce qui est du changement opéré en mars 2020 pour injecter du sang neuf dans la société, il a été procédé à la formation d’ « une nouvelle équipe dont la moyenne d’âge est de 52 ans parmi les responsables exécutifs dans la société, avec une expérience de plus de 25 ans, connus pour leurs compétence, professionnalisme, fidélité et probité et diplômés des universités algériennes, lesquels ont suivi une formation complémentaire hautement spécialisée dans les universités étrangères », a fait savoir M. Arkab.