Par Kahina Sidhoum
Comme annoncé dans les précédentes éditions de Reporters, l’Agence pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (Aprue) change de tutelle et bascule du secteur de l’Energie et des Mines vers celui de la Transition énergétique et des Energies renouvelables. Ce basculement est désormais acté par le décret exécutif modifiant et complétant les dispositions de celui promulgué en 1985, année de la création de l’Agence. Le texte de loi a été publié au dernier Journal Officiel (JO). Il est signé par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, en date du 17 mars 2021. Selon le décret exécutif, le conseil d’administration de l’Aprue est présidé par le ministre chargé de la Transition énergétique et des Energies renouvelables ou son représentant. Il est composé d’un représentant ayant rang de directeur et de représentants de plusieurs ministères. Il s’agit des Finances, de l’Energie, de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, de l’Industrie, des Transports, de l’Agriculture, du Commerce, des Ressources en eau, de l’Habitat, de l’Environnement, des Travaux publics, et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Le conseil d’administration comporte également deux représentants élus du personnel. Il peut appeler en consultation toute personne jugée compétente pour l’étude des questions inscrites à l’ordre du jour, selon le décret. Le Directeur général de l’Aprue assiste aux réunions avec voix consultative, ce qui limite ses prérogatives.
Le transfert de l’Agence de la tutelle de l’Energie et des Mines à celui de la Transition énergétique et des Energies renouvelables peut être considéré comme une simple formalité. La raison est que l’ossature actuelle du département de Chems Eddine Chitour est constituée de cadres dirigeants de l’Aprue. Parmi eux, son ancien Directeur général, Mohamed Bouzriba, qui occupe aujourd’hui le poste de Secrétaire général du ministère. Il est accompagné d’autres responsables qui travaillaient également à l’agence. L’Aprue est actuellement dirigée par le Directeur général par intérim Kamel Dali. Un des grands challenges qui attendent l’agence, tout comme le ministère dont elle dépend désormais, est celui du financement de ses actions dans le contexte de pression budgétaire actuel.
Il est à rappeler que dans le cadre de la mise en place toujours en cours du Département de la Transition énergétique, un processus de création d’une nouvelle société dédiée au développement des énergies renouvelables a été lancé en février dernier avec la participation du ministère de l’Energie, alors que ce dernier était encore dirigé par Abdelmadjid Attar. Il s’agira d’une société par actions (SPA), dont l’objectif est de mettre en œuvre le programme national de développement de la production de l’électricité à partir de ressources renouvelables, qui vise à atteindre une capacité de 15 000 MW à l’horizon 2035, soit une moyenne de 1 000 MW réalisés par an. La mission de cette société, qui devrait voir le jour au tout début de l’été, selon des déclarations récentes du ministre Chitour, consistera entre autres à l’acquisition et la préparation des terrains destinés aux projets des énergies renouvelables (accès aux sites et raccordement aux réseaux électriques…), la réalisation des études complète et d’impact, la recherche des meilleurs mécanismes de financement (package contractuel bancable) et la coordination entre les différents acteurs concernés par le projet (administration centrale, collectivité locale, opérateurs de réseaux, régulateur, banque, douanes…). Elle sera chargée également de l’élaboration des cahiers des charges et le lancement des appels d’offres à investisseurs, le traitement des offres des soumissionnaires jusqu’à l’attribution définitive, la promotion de l’intégration nationale à travers notamment des dispositions incitatives dans les cahiers des charges, le développement du partenariat public/privé dans le domaine des énergies renouvelables pour renforcer l’expertise locale et permettre la maîtrise de l’ensemble des niveaux du cycle des projets dans ce domaine.
Après l’achèvement des procédures de sa mise en place, la nouvelle société devra lancer un premier appel d’offres avant la fin du premier semestre 2021, «si tout marche comme prévu», avec comme objectif de réaliser 1 000 MW avant la fin de l’année en cours, avait fait savoir le ministre de la Transition énergétique. n