Avant-hier, jeudi, le ministre de l’Energie se trouvait à Oran dans le cadre du tour des régions qu’il a entamé il y a plus de deux semaines pour superviser ou lancer des projets relevant de son secteur. Le fait marquant de l’étape oranaise de Mustapha Guitouni a été la mise en service de la première tranche du projet de la centrale électrique de Boutlelis, à une quarantaine de kilomètres de la métropole de l’Ouest. La seconde tranche, a indiqué le ministre, sera livrée avant le mois de juin prochain. Cette nouvelle centrale va produire de l’énergie, 446 mégawatts quand elle sera pleinement opérationnelle, pour le futur complexe d’assemblage automobile Peugeot Algérie ainsi que pour la prochaine usine de polypropylène mise en projet à Arzew après un accord entre Sonatrach et le français Total. Ce nouvel grand ouvrage de Sonelgaz permettra de répondre également à la demande croissante d’une région qui connaît une importante activité industrielle et agricole, sans parler le boom sans précédent dans le domaine de l’urbanisme et de l’habitat.
Mustapha Guitouni a également procédé à la mise en service d’un poste électrique, destiné à l’alimentation des agglomérations périphériques d’Oran, ainsi que le réseau de distribution du gaz naturel à El Ancor et Bousfer, deux sites du littoral oranais autrefois peu habités et qui connaissent, actuellement, une pression démographique qui se traduit par une demande exponentielle en énergie, sans compter l’impact sur un territoire, dont la vocation agricole semble avoir sérieusement cédé la place à d’autres activités, dont celle du tourisme balnéaire en raison notamment de la proximité du complexe des Andalouses, un des plus anciens de la région qui a vu émerger aux alentours des dizaines d’hôtels et de structures touristiques, très sollicités en période estivale. En ce qui concerne la filière pétrochimique, le ministre a laissé entendre que plusieurs projets «sont en cours de négociations» avec des partenaires internationaux, qu’il n’a pas cités, et qu’ils verront le jour bientôt, indiquant que la pétrochimie revêt une priorité stratégique en raison de sa valeur ajoutée technologique et industrielle et qu’elle va progressivement se substituer à l’exportation du gaz à l’état brut. Rappelant les capacités installées de l’Algérie en matière d’énergie électrique, le ministre de l’Energie a indiqué que le réseau national produit actuellement plus de 19 000 mégawatts et que l’Algérie envisage d’atteindre dans quelques années les 27 000 mégawatts, à travers la concrétisation d’un programme d’Etat comprenant 7 centrales électriques. Afin de souligner l’ampleur de l’investissement consenti dans ce domaine, M. Guitouni a rappelé qu’avant l’année 2000 «l’Algérie ne disposait que d’une capacité de
6 000 mégawatts». n