Cela fait déjà plusieurs semaines que le marché pétrolier compte ses jours difficiles. Hier, une nouvelle semaine était entamée dans une tendance toujours baissière des prix, alors que la crainte récession, et ses répercussions sur la demande, continue à peser sur les séances d’échange dans les marchés londonien et new yorkais.

Par Feriel Nourine
A cela s’ajoute une hausse du dollar, poussant les cours à effecteur un recul qui les renvoie à des niveaux d’il y a plusieurs mois.
En effet, les fortes hausses du dollar rendent le pétrole plus cher pour les acheteurs qui utilisent d’autres monnaies, ce qui peut peser sur la demande, l’essentiel des transactions sur le marché de l’or noir étant libellées en billet vert.
C’est notamment le cas des géants asiatiques importateurs d’énergie comme la Chine et l’Inde , dont les monnaies ont été parmi les moins performantes par rapport au dollar.
On est bien loin d’un baril culminant à hauteur de 120 dollars et plus, et les prix éprouvent d’énormes difficultés à se ressaisir et à repartir vers la hausse durable.
En cette matinée de dernier lundi de septembre, le Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre continuait à évoluer dans les alentours des 85 dollars, s’affichant à 85, 56 dollars, en baisse de 0,68 dollars.
Au même moment, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison le même mois perdait 0,72% à 78,17 dollars.
Le brut est «en passe de perdre tous les gains de 2022 (…) à cause de la détérioration des perspectives économiques mondiales et de la hausse du dollar», constatent des analystes.
Depuis le début de 2022, le Brent de la mer du Nord est en hausse d’environ 9%, contre 3% pour le WTI. Mais les deux références avaient atteint des taux nettement plus hauts en mars dernier lorsqu’ils s’étaient échangés à respectivement 139,13 dollar et 130,50 dollars, frôlant leur record historique quelques jours après le début de la guerre en Ukraine. Si l’invasion russe de l’Ukraine était le principal moteur des sommets atteints par l’or noir en mars à cause d’un possible manque d’approvisionnement en hydrocarbures, pour les analystes elle est désormais responsable de la chute des prix, en ayant «poussé le monde au bord de la récession», estime Tamas Varga, de PVM Energy. La hausse des prix des matières premières a considérablement augmenté le coût de la vie et plusieurs grandes banques centrales s’efforcent d’éteindre «par tous les moyens» ces «feux inflationnistes», poursuit-il, à coup de resserrement agressif de leur politique monétaire comme aux États-Unis la semaine passée.
L’OCDE a d’ailleurs revu en forte baisse sa prévision de croissance mondiale pour l’an prochain sous l’effet de conséquences plus durables qu’anticipé de la guerre en Ukraine, surtout en zone euro, et de la hausse des taux d’intérêt des banques centrales pour contenir l’inflation.
Certains pays comme le Royaume-Uni seraient déjà en récession, selon la banque d’Angleterre notamment ou l’indice PMI Flash Composite de S&P Global, quand de nombreux autres en sont très proches.
La banque centrale américaine (Fed) a relevé son taux directeur mercredi mais a aussi indiqué qu’elle s’attendait à le voir aller plus haut, et pour plus longtemps, que ce que prévoyaient les investisseurs jusqu’ici. <