Il y a quelques semaines, le ministre de l’Energie Mustapha Guitouni avait affirmé que l’Algérie risquait de ne plus pouvoir exporter du gaz naturel dans deux ou trois ans au cas où elle ne trouvera pas « rapidement » d’autres solutions pour couvrir la demande domestique.

Dimanche, lors d’une rencontre tenue à Alger sur les référentiels de gestion des activités de distribution de l’électricité et du gaz, le ministre de l’énergie a quelque peu nuancé son propos. Il est revenu notamment sur ses estimations indiquant que l’Algérie dispose de quantités additionnelles d’hydrocarbures portant sur des gisements aujourd’hui non exploités. « On n’a exploité que le tiers des réserves du pays », a indiqué Guitouni, qui a expliqué que le pays dispose de réserves qu’il « pourra exploiter encore pour des siècles ». Il a ajouté que le pays va continuer à « exporter pour l’Europe, l’Espagne et le Japon ». Mais l’exploitation de ces réserves passe inévitablement par la prospection et ensuite l’extraction, deux opérations qui coûteront cher aux caisses de l’Etat, et Sonatrach ne pourra pas entreprendre le risque de le faire seule. « Nous avons besoin de partenaires étrangers pour la prospection », a-t-il ajouté. Oui la consommation locale a largement augmenté, elle est toujours en croissance, dira-t-il. Mais « disposer de l’énergie ne donne pas droit aux citoyens de consommer avec irrationalité », ajoutera le ministre de l’Energie. « Ce n’est pas parce que les prix sont bas et subventionnés que le citoyen va gaspiller, il faut qu’on prenne conscience, il faut économiser et consommer de manière rationnelle pour laisser des réserves aux générations à venir » dira Guitouni.

Les tarifications d’électricité n’augmenteront pas

S’agissant des tarifications des prix de l’électricité, le ministre a indiqué qu’il n’y aura pour le moment aucune augmentation, « mais cela va venir » dira-t-il. Sonelgaz est une entreprise de l’Etat qui est là pour faire son travail, « mais elle n’a pas à définir la politique des prix », elle a le droit de formuler chaque année, une demande à travers la Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz (CREG). « La politique des prix est du ressort de l’Etat et non de la Sonelgaz », a précisé le ministre en s’adressant au PDG de la Sonelgaz Mohamed Arkab. « C’est l’Etat qui décide des augmentations des prix de l’électricité, Sonelgaz transmet les doléances et propositions à la CREG, qui les communique pour sa part à l’Etat pour qu’il décide ensuite d’une éventuelle augmentation des prix de l’électricité. Il ne faut pas inverser les rôles » dira-t-il. « Vous faites des propositions sur les tarifs et ce n’est pas à vous de les définir où de vous soucier de vos concessionnaires et de vos investissements », a souligné le ministre toujours en s’adressant au PDG de la Sonelgaz. Le ministre de l’énergie a noté, dans ce sens, que le premier responsable de la Sonelgaz « a le droit de se plaindre par rapport au prix de revient de l’électricité et par rapport aux coûts de production », en précisant que « c’est l’Etat qui met la main à la poche pour lui donner cette différence ». Concernant la politique de subvention du prix de l’électricité ce dernier a par ailleurs rassuré le PDG de la Sonelgaz quant aux créances avec ses clients. Sur cette question le ministre a indiqué que des plans d’urgence ont été approuvés et financés par les pouvoirs publics pour satisfaire les objectifs de concessionnaires et améliorer les services de Sonelgaz auprès des clients. Concernant les titulaires de concessions le ministre de l’énergie les a invités à garder à l’esprit la mission de service public et travailler pour rentabiliser l’entreprise. « Vous avez la liberté de travailler parce que vous avez un guide technique qui vous permettra d’aller vers des performances puis d’élaborer un guide de performance. On est là pour le prolongement des efforts de Sonelgaz » soulignera le ministre. De son côté le secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs des industries électriques et gazières (FNTIEG) Telli Achour trouve que le lancement du guide technique des distributeurs de l’électricité et gaz incarne la « transparence ». Pour lui, le groupe Sonelgaz est l’un des groupes les plus « intéressants et le plus important du monde », qui a su profiter de la stabilité du pays pour améliorer les performances et les prestations du groupe. « Au niveau continental, il est le seul groupe qui produit des turbines d’énergie électrique. Le groupe va à cet effet, s’orienter durant le mois de janvier vers l’exportation en Afrique » dira-t-il. Telli Achour appellera les cadres de Sonelgaz à décupler les efforts pour permettre dans l’avenir au client de contrôler sa consommation en électricité. Mohamed Arkab a pour sa part indiqué que le guide élaboré et préparé par les cadres multidisciplinaires de la Sonelgaz s’avère une « option » pour améliorer le service public. Pour lui « le guide est un outil de référence et d’intégration professionnelle ».