Le ministre de l’Energie a souhaité hier que la Sonelgaz se positionne stratégiquement à l’export et qu’elle parvienne à vendre de l’énergie électrique aux marchés voisins et étrangers. Le groupe est parvenu à construire un réseau et une capacité installée de production d’énergie suffisamment importants pour qu’il puisse « rayonner à l’export » et performer ses ressources.

Pour Mustapha Guitouni, il est parfaitement concevable pour Sonelgaz de créer une structure dédiée à la vente d’énergie électrique aux marchés extérieurs comme le fait Sonatrach pour les hydrocarbures. Il a également laissé entendre l’idée que la holding est en mesure d’intégrer à terme les marchés boursiers internationaux comme celui de l’Espagne par exemple.
L’argument que le ministre a développé s’est inscrit, a-t-on compris, dans la profusion d’encouragements, de vœux et de félicitations de début de la nouvelle année 2019 qu’il n’a pas cessé d’adresser chaleureusement, hier, au personnel de Sonelgaz et de ses sociétés qu’il a réunis au centre de formation de Ben Aknoun à l’occasion de l’exposé des engagements des concessions de l’électricité et du gaz pour « l’amélioration de la performance technique et économique » durant la période 2019-2023. Il l’a néanmoins sérieusement défendu en passant en revue les «atouts» dont disposent le réseau électrique national capable aujourd’hui de générer des «surcapacités de près de  8 000 mégawatts», mais qui restent inutilisées selon lui hors des pics d’hiver et d’été. Une situation qu’il a assimilé à du « gaspillage » contre lequel il est possible d’élaborer une politique de déploiement vers les «marchés limitrophes» comme «la Tunisie et la Libye» avant de s’orienter vers des marchés espagnol et européens réputés plus difficilement accessibles. Le cadre juridique établi par la loi 2002 sur l’électricité et le transport du gaz par canalisation ainsi que le processus de réforme qui a conduit la holding Sonelgaz à l’organisation qui est la sienne permettent d’envisager de telles perspectives, a déclaré le ministre de l’Energie en affirmant qu’« étant devenue un pays de référence en matière de couverture du territoire pour les deux énergies de l’énergie », l’Algérie est en mesure d’envisager de telles perspectives de rayonnement à l’export. « La puissance installée en matière de production est passée d’un peu moins de 6 000 mégawatts à près de 19 500 mégawatts à fin 2017. La production de l’électricité a connu un accroissement annuel moyen durant cette période de plus de 6% », a-t-il indiqué au titre des illustrations qu’il a sériées devant le parterre de concessionnaires de distribution de l’électricité et du gaz hier à Ben Aknoun.

Des concessionnaires au défi du terrain
Sur l’activité présente des concessions, il y avait lieu de retenir l’appel à performer leurs actions sur la base du bilan établi depuis la mise en place du régime de concessions en 2008. Il y avait également le rappel à l’«amélioration de la performance » à partir des « enseignements tirés de l’expérience vécue lors des quinquennats précédents » celui entamé à partir de cette année. Il a ainsi été question d’«amélioration de la qualité de service au client» et de renforcement de la «complémentarité» entre le «concessionnaire en charge de l’exécution du service public, l’autorité concédante (l’Etat) et le régulateur». C’est-à-dire la commission de régulation de l’électricité et du  gaz (CREG) dont le directeur,  M. Choual, a insisté sur «les obligations faites aux concessionnaires (…) pour pallier les insuffisances relevées et éliminer les incohérences assez fréquentes entre les objectifs des plans d’engagement et ceux fixés dans le cadre de la gestion interne des concessions». On comprend de son intervention que les concessionnaires de distribution des deux énergies sont encore au stade de la transition vers ce qu’ils doivent être : des «business unis» capables de parvenir à une «connaissance très fine de l’ensemble des composantes de chaque concession en vue d’une parfaite maîtrise des coûts des activités de distribution et (…) des tarifs de vente des énergies électrique et gazière ».
Certaines de ses recommandations aux concernés comme la «digitalisation » et la « décentralisation managériale » de leurs services – une question à l’ordre du jour depuis des années au sein de Sonelgaz et des transformations que l’entreprise a connues depuis seize ans – ne sont pas pour rassurer quant aux perspectives envisagées par le ministre de l’Energie, du moins à court et moyen termes.