Le gaz de schiste reste un sujet controversé et le fait de trop se concentrer sur un de ses aspects risque de susciter la polémique.

Le président d’Alnaft (Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures), Arezki Hocini, en voulant couper court aux allégations selon lesquelles il y a eu des contrats se rapportant au potentiel du schiste en Algérie, signés avec BP et Anadarco, laisse apparaître une polémique.
Le président d’Alnaft aura compris que le sujet se prête à la codification par une structure habilitée. Et c’est à ce titre là qu’il est intervenu dans le débat. Il reste cependant à savoir s’il a réussi à dissiper les inquiétudes sur une éventuelle implication de BP et d’Anadarko dans le schiste. Il a, en tout cas, apporté un démenti formel aux allégations, soulignant : « Il n’y a jamais eu de contrat signé avec BP et Anadarco pour une quelconque étude relative au potentiel du schiste en Algérie. Dimanche dernier, il avait été cité par un certain nombre de médias qui ont fait part de cette information.
D’après M. Hocini, il existe plutôt des discussions entre Alnaft et plusieurs groupes pétroliers au sujet du schiste algérien, mais aucun contrat n’a été signé.
Des discussions qui pourraient donner une meilleure visibilité sur la répartition du schiste dans les zones exploitées par ces groupes en Algérie. D’autre part, le président d’Alnaft a fait remarquer qu’un travail de récolte d’informations au sujet du potentiel algérien en matière de schiste se fait, actuellement, au niveau de cet organisme. Alnaft, dit-il, fait ce travail avec ses propres moyens et elle n’a aucun partenariat dans ce sens avec un opérateur étranger. Arezki M. Hocini ira encore plus loin en déclarant que trois études ont été lancées en partenariat avec des groupes internationaux pour déterminer le potentiel de l’Algérie en énergies conventionnelles au niveau de l’off-shore et non pas en ce qui concerne le schiste.
Une quatrième étude, toujours au sujet de l’off-shore, devrait également débuter prochainement, a-t-il ajouté. Par ailleurs, Arezki M. Hocini, a expliqué qu’au vu des mutations intervenues sur la scène de l’industrie pétrolière, l’agence qu’il dirige est entrée, depuis une année, dans une «nouvelle dynamique» pour un accroissement des activités dans l’amont pétrolier et l’amélioration des relations avec les partenaires étrangers. Cette dynamique a déjà donné des résultats, selon lui, notamment la signature de cinq contrats de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures avec Sonatrach, et deux autres contrats avec des compagnies étrangères et en partenariat avec Sonatrach, l’un avec Total et Cepsa pour la production de cinq millions de m3 de gaz par jour à Timimoun, le second avec Cepsa pour la fourniture de 24 000 barils/jour d’huile et 10 000 barils/jour de GPL dans le périmètre Rhourde el-Khrouf. En outre, cinq plans de développement ont été approuvés (trois nouveaux et deux révisés) pour un investissement de plus de 850 millions de dollars. Le patron d’Alnaft a également indiqué que les contrats d’exploration conclus avec Sonatrach ont permis la réalisation de 33 découvertes en 2017. M. Hocini a aussi mis l’accent sur la récupération assistée sur les gisements matures, c’est-à-dire relever la rentabilité des champs par des moyens technologiques, sur les formations de schiste et sur les formations compactes, la recherche et la prospection dans les zones frontières, l’évaluation et le développement de 270 découvertes réalisées ces dix dernières années. Sur le potentiel en schiste, Arezki M. Hocini a rappelé que des organismes internationaux ont classé l’Algérie à la 3e place mondiale. Et, les estimations préliminaires révèlent des volumes en réserves prouvées et techniquement récupérables avoisineraient les 30 000 milliards de m3 pour le gaz et près de 10 milliards de barils pour le pétrole.