Les lourdes conséquences de la Covid-19 sur l’évolution du marché gazier ont été mises en avant par le président du Conseil d’administration pour l’exercice 2021 du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), l’Algérien Mohamed Hamel.
«La pandémie a pesé lourdement sur nos économies en réduisant les recettes d’exportation et les investissements. L’impact négatif sur le secteur de l’énergie est sans précédent», a fait remarquer M. Hamel, qui intervenait lors de la 38e réunion dudit CA, tenue par vidéoconférence à la fin de la semaine dernière. Et qui dit économie des pays exportateurs de gaz dit forcément Algérie, dont les recettes en devises dépendent aussi de ses exportations de gaz.
Notant, lui aussi, que la pandémie aura un impact «durable», M. Hamel estime que «le monde ne sera plus comme avant, entraîné par des changements dans les politiques, la technologie, les préoccupations environnementales, les préférences des consommateurs et la géopolitique». D’où le rôle encore «plus important» qu’aura à jouer le GECF dans la décennie à venir», a-t-il déduit. Ce rôle consistera à plaider pour que le gaz naturel ait un impact sur le voyage de transition énergétique dans lequel le monde s’est engagé. Pour ses deux jours de réunion, le forum a passé en revue les jalons de 2020 et examiné les principaux résultats de la 22e réunion ministérielle et les événements associés qui ont eu lieu en novembre 2020, et a tracé la voie à suivre pour le bon déroulement du GECF pendant la première partie de 2021.
Un rapport de gestion détaillé du Secrétaire général a été soumis à l’attention du Conseil exécutif, avec un accent particulier sur les progrès progressifs de la performance du Secrétariat, ainsi que sur les domaines d’activités prioritaires et d’autres plans dans la
perspective de l’événement de marque, le 6e Sommet du GECF des chefs d’Etat et de gouvernement, qui se tiendra en novembre prochain à Doha (Qatar).
«Il est primordial de rester unis d’une seule voix et d’aligner tous les efforts de relèvement pour faire face aux conséquences économiques de la crise, afin d’accélérer la reprise après les ravages provoqués par la pandémie Covid-19. Je pense que le meilleur reste à venir pour le Forum si nous continuons dans l’esprit d’une coopération multilatérale bénéfique», a affirmé, pour sa part, le Secrétaire général du GECF, Yury Sentryurin.
A la fin de l’année 2020, le GECF avait laissé transparaître des signes d’optimisme pour le marché du gaz en 2021. Dans son rapport consacré à l’année écoulée, le forum a prévu une reprise de l’industrie du gaz naturel.
«A l’horizon 2021, nous prévoyons une reprise de l’industrie du gaz naturel alors que le monde reviendra à une certaine forme de normalité après la pandémie de Covid-19», selon la première édition de ce rapport présentée par le Secrétariat du GECF.
«Bien que les prix du gaz naturel aient été déprimés pendant la majeure partie de 2020, il y a des signes de reprise, soutenus par la demande de stockage hivernal, en particulier en Asie», explique le document intitulé «Réponse du marché du gaz aux turbulences: résilience, fiabilité et leçons apprises».
Avant la pandémie de Covid-19, une offre excédentaire apparente sur le marché du GNL a entraîné l’érosion des prix mondiaux spot du gaz naturel et du GNL, constate les rédacteurs du rapport. «Alors que le monde entrait en 2020, l’industrie du gaz a été frappée par une tempête parfaite, créée par la combinaison d’une saison hivernale douce, d’un marché de GNL surchargé et de la pandémie Covid-19», signale-t-on. <