Par Khaled Remouche
La crise diplomatique entre l’Algérie et l’Espagne pourrait ralentir le développement et l’attribution de marchés aux entreprises espagnoles sur le marché algérien.
La remise en cause par l’Algérie de l’accord d’amitié entre l’Algérie et l’Espagne et l’interdiction d’importer d’Espagne et d’exporter pour ce pays hors hydrocarbures auront des répercussions à court terme sur le partenariat énergétique stratégique entre les deux pays, du moins pendant cette période de brouille politique entre les deux pays. Si les contrats d’achat et de vente entre Sonatrach et Naturgy ne seront pas concernés, tout comme les contrats d’exploitation des champs de pétrole d’Ourhoud, de Rhourde Khrouf par Cepsa et de gaz de Reggane Nord et de TFT par Repsol, la tension entre Alger et Madrid pourrait avoir pour conséquence de freiner le développement de ces entreprises en Algérie durant cette période de crise et l’expansion de la compagnie pétrolière nationale sur le marché espagnol. N’oublions pas que l’Espagne a ouvert le marché espagnol à l’Algérie : société de commercialisation de gaz de Sonatrach en Espagne, participation de Sonatrach dans l’unité de Regazéification de Reganosa, unité de cogénération avec Cepsa et unité de production de propylène en partenariat avec l’allemand BASF.
Ce partenariat stratégique serait allé plus loin si le gazoduc Medgaz n’avait pas été freiné dans son ambition, partagée à l’époque par l’Algérie et l’Espagne, de constituer un hub gazier au sud de l’Europe à partir du gaz algérien alimentant d’autres pays européens. L’Espagne a pour l’heure cet avantage de bénéficier de quantités de gaz algérien à un prix beaucoup moins cher que le gaz américain et qatari et de pouvoir recevoir des expéditions de gaz algérien en un temps beaucoup plus rapide que ceux en provenance d’autres pays. Cela compte en cas d’hiver rude en Espagne. Revenons aux perspectives de développement de l’amont algérien, la nouvelle loi sur les hydrocarbures devrait favoriser la croissance des investissements étrangers en Algérie et accélérer le développement de gisements déjà découverts au cours des dix dernières années. Pour diversifier le partenariat avec les compagnies étrangères et pour une question de volume d’investissements, Sonatrach a besoin d’investissements espagnols, français et d’autres pays européens, tout comme ceux émanant de pays asiatiques et du continent américain. Repsol et Cepsa ont en ce sens affiché à maintes reprises leur volonté de s’engager à long terme en Algérie et espèrent décrocher d’autres contrats de développement de gisements principalement au sud-est du pays. Cepsa a signé un accord préliminaire avec Sonatrach qui pourrait déboucher sur des contrats fermes portant sur le développement d’autres gisements en dehors d’Ourhoud et Rhourde Khrouf.
Mais, la brouille entre Alger et Madrid pourrait ralentir ce développement de Cepsa, voire de Repsol en Algérie au détriment de la partie espagnole. Tout comme l’attribution de marchés aux sociétés espagnoles de services pétroliers comme Tecnicas Reunidas et d’équipements pour les usines de dessalement d’eau de mer. N’oublions pas également que le marché algérien des énergies renouvelables aurait pu offrir des perspectives très intéressantes aux sociétés espagnoles, pourquoi pas dans l’alimentation des usines de dessalement d’eau de mer en énergie renouvelable au lieu du gaz, filière dans laquelle ce pays est très avancé. <