Les collectivités locales sommées de n’utiliser que des lampes «LED».

« Les collectivités locales ont consommé en 2017 près de 8% de la production nationale en énergie électrique, ce qui représente une facture de 27 milliards de dinars. Chaque commune consacre en moyenne 5% de son budget de fonctionnement pour honorer sa facture de consommation d’électricité ». Ces chiffres sont de Nahla Dina Heddache, chef de projet énergie renouvelable au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire. Elle les a dévoilés lors de son passage hier à l’émission « l’invité de la rédaction » de la Chaîne III. Autre donne annoncée par cette dernière et non des moindres, « dix wilayas du pays consomment à elles seules 58% de la production électrique que consomme l’ensemble des communes ». Et de citer les noms de ces dernières : « Alger, Oran, Mostaganem, Blida, M’sila, Adrar, Sétif, Tlemcen, El Oued et Biskra ». Concernant le décorticage de la facture de consommation électrique des communes, cette responsable a précisé : « C’est l’éclairage public qui gonfle le plus la facture puisqu’il atteint les 58%, suivi par le forage (11%), les mosquées, les établissements scolaires, les sièges d’APC. » Comme elle a fait savoir que des communes font face à des factures impayées et du coup les créances vis-à-vis de la Sonelgaz sont de plus en plus importantes. «Ce qui risque de s’accentuer dans la mesure où chaque année les collectivités locales réceptionnent de nouvelles infrastructures et donc des charges supplémentaires d’exploitation », a-t-elle souligné. Interpelée par l’animatrice de l’émission pour en savoir un peu plus sur le montant des créances impayées relatives à l’éclairage public, Mme Heddache a avancé qu’« elles s’élèvent pour l’année 2017 à 3,3 milliards de dinars ». A partir de cet état des lieux, la responsable juge qu’il « devient urgent que nos communes rationalisent leur consommation d’électricité. Et dans cette optique, la transition énergétique est un moyen tout à fait indiqué ». Toujours à propos de cette transition énergétique elle dira : « Notre département ministériel inscrit cette démarche dans le cadre d’une vision globale. Et donc nous allons faire en sorte que cette vision se traduise sur le terrain. Mais pour cela, il faut que toutes les parties prenantes s’impliquent notamment les collectivités locales car ce sont des acteurs essentiels pour mettre en application la stratégie de la transition énergétique ». Et de poursuivre dans ce sens : « Les collectivités locales peuvent devenir pionnières en la matière pour peu que les chargés de projet se mobilisent à faire fonctionner leur éclairage public à partir de panneaux solaires et non pas par de l’énergie électrique conventionnelle ». L’invité de la radio a par ailleurs indiqué : « Nous ne demandons pas aux communes de se lancer dans de grands projets, mais d’exécuter de petites applications, c’est-à-dire, tout ce qui est en relation avec l’éclairage public photovoltaïque car il offre beaucoup d’avantages, d’autant plus que cette application reste à la portée des communes. C’est surtout sur ce segment que les communes devraient se pencher pour réduire facilement la facture de 14,9 MDA à 5,84 0 MDA ». Toujours à propos de substitution de lampes, la responsable a annoncé le lancement prochain d’une opération de grande envergure qui va consister en l’éclairage de leur siège par des lampes « LED » uniquement. « Ainsi les communes vont connaître des factures de consommation moins lourdes en attendant de les voir réduites de beaucoup plus du fait que cela peut, à très court terme, réduire considérablement leur facture d’électricité ». Mme Haddache a aussi indiqué : « Dans l’attente de généraliser le photovoltaïque, certaines communes devront vite s’atteler à substituer les lampes à sodium par des lampes à mercure, moins gourmandes et de surcroît, à la longue, forcer les collectivités locales à les utiliser pour les besoins de leur éclairage public et aussi pour la durée ». Selon cette dernière, ce changement de type de lampe peut faire économiser beaucoup d’argent aux communes ». Et de conclure dans ce sens : « Cette substitution est donc d’un grand intérêt pour les communes.»