Le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, Chemseddine Chitour, a profité du forum Echaab, dont il était l’invité hier, pour revenir sur les projets phares du secteur et les détailler au profit des médias et de l’opinion publique, appelés, selon lui, à contribuer à la lutte notamment contre le gaspillage et la surconsommation. Mais il a également évoqué, à la surprise générale, l’exploitation du gaz de schiste qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité des protestations dans la rue comme au niveau du Parlement. «Le gaz de schiste fera probablement partie du mix énergétique, composé de pétrole, de gaz naturel et de géothermie. Mais le gaz de schiste ne sera exploité qu’à partir de 2040, si la technologie d’extraction est améliorée d’ici là, et sera destiné aux générations futures», a-t-il affirmé.
Concernant les projets phares du secteur, il a rappelé le projet de production de 1 000 MW d’ici la fin de cette année avec le concours de partenariats «d’exception». «D’exception, car notre pays est un continent, c’est la porte et la stabilité de l’Afrique. Le partenariat ne pourra être que gagnant-gagnant. Nous sommes en discussion avec des entreprises allemandes et chinoises dans ce cadre. Si nous arrivons à un accord, on aura une centrale solaire dès le mois de février vu que la construction de ce type de projet prend entre 3 et 4 mois», indique-t-il, précisant que les appels d’offres seront lancés dès le mois de juin. Il soutiendra que si nous arrivons à maintenir la cadence de 1 000 MW/an et si les gouvernements qui succéderont s’inscrivent dans la continuité de cette politique, nous pourrons produire 15 000 MW d’ici 2035. Pour mener à bien cette politique, il faudra aussi, selon lui, revoir le système de subvention en énergie tout en préservant la poche des familles nécessiteuses.

Desertec : «Je ne connais pas ce projet»
Interrogé sur le projet Desertec, il a assuré ne pas le connaître et qu’il ne l’intéressait pas. Pour lui, en fait, c’est juste un bureau d’étude dans le secteur des énergies renouvelables. Dans un autre volet, le ministre est revenu sur le programme de réduction de la consommation énergétique, utilisée à 80% par les foyers et à 20% seulement par les secteurs de l’industrie et de l’agriculture.
«Nous n’arrivons pas encore à générer de la richesse via la consommation énergétique. Le but est de changer cela, à travers le secteur de l’habitat, des transports et des énergies renouvelables, pour freiner la surconsommation tout en créant de nouvelles activités, des micro-entreprises et, donc, des postes d’emploi», assure-t-il. Ce département s’est fixé, rappelle-t-il, un objectif d’une économie énergétique de 10% d’ici la fin de cette année, soit une économie de 6 millions de tonnes de pétrole, l’équivalent de 42 barils d’une valeur de 2 milliards de dollars.
Dans le secteur de l’habitat, il est prévu la réduction de la consommation énergétique de 1 million de tonnes à 500 kilos de pétrole/habitation et ce, par l’exploitation d’équipements et d’appareils de l’efficacité énergétique. Un nouveau cahier des charges dans la construction, selon lui, est en préparation, basé sur le diagnostic énergétique sans lequel les bâtisseurs ne pourront pas obtenir de permis de construire.
Pour ce qui est des transports, il a évoqué le projet de conversion au GPL de 200 000 véhicules d’ici la fin de cette année. Les kits, précise-t-il, seront importés dans une première étape et coûteront 35 000 DA aux utilisateurs. Mais ces kits, affirme-t-il, seront par la suite fabriqués localement avec l’aide de nos ingénieurs. Il a annoncé également la conversion au diesel fuel de 1 000 bus publics par l’Etusa qui sera entamée à la fin de ce mois. «Toutefois, pour réduire le gaspillage de l’essence qui coûte 2 milliards de dollars à l’Etat, il est impératif de mettre en place une solide politique des transports en commun», estime-t-il.