Les défis à relever à court terme restent l’augmentation de la production d’hydrocarbures et, partant, des exportations, le lancement des travaux du gisement de Gara Djebilet, de ceux liés au projet intégré de développement des gisements de phosphates de Tébessa, le modèle de consommation énergétique, ainsi que la relance du programme de développement des énergies renouvelables.

Mohamed Arkab revient aux commandes du département Energie. Il a été premier responsable de ce secteur de 2019 à 2020. Contrairement à son prédécesseur, spécialiste de l’amont, Mohamed Arkab est un électricien qui cumule une longue expérience à Sonelgaz avec comme référence plusieurs responsabilités au sein du top management de la compagnie d’électricité puis PDG de ce groupe public, en 2017, avant d’être nommé ministre de l’Energie en 2019. Pendant plus d’un an de gestion, il a acquis une connaissance plus fine du secteur des hydrocarbures et du marché pétrolier international. Au poste de ministre des Mines, un secteur cher au Président de la République, il a montré un dynamisme qui semble augurer un développement de cette branche et une augmentation à moyen terme des exportations de minerai et une contribution décisive à la fourniture de matières premières pour les industries de transformation, permettant ainsi la réduction de la facture des importations.
Dans son bilan 2020, le lancement de l’exploitation artisanale de l’or à Tamanrasset et à Illizi, en particulier, donne de l’espoir à des centaines, voire des milliers de jeunes du Sud du pays. Mohamed Arkab conserve de ce fait le poste de premier responsable à la tête de ce secteur. Le défi pour ce ministre très humble est à court terme, notamment le lancement effectif des travaux préparatoires à l’exploitation des gisements importants de minerai de fer de Gara Djebilet et du méga projet de développement intégré des mines de phosphates de Tébessa. Le rattachement des mines à l’énergie permettra au Trésor de réaliser des économies, mais c’est loin de ce qui est attendu d’un gouvernement qui devrait opter en cette période de crise pour de grands ministères, économie, département du développement durable, réalisant ainsi des économies plus substantielles et plus d’efficacité en raison de ce souci garanti de coordination transversale entre différentes branches.
Concernant les hydrocarbures, l’enjeu est d’assurer une augmentation de la production d’hydrocarbures, la finalisation et la promulgation des textes d’application de la loi sur les hydrocarbures et une implication dans les efforts de l’Opep visant à stabiliser le marché pétrolier. Avec le ministre chargé de la Transition énergétique et des Energies renouvelables Chemseddine Chitour, une coordination et une synergie entre les deux départements est attendue pour l’élaboration d’un modèle de consommation énergétique plus rationnel, la relance du programme de développement des énergies renouvelables avec l’implication entre autres de Sonatrach et Sonelgaz. Ces changements mettent plus de cohérence dans la gouvernance de ce secteur sans pour autant éliminer la superposition des structures chargées des énergies renouvelables. Au lieu de trois départements chargés des énergies renouvelables dans le précédent gouvernement, ce sont deux départements qui s’occuperont désormais de ce chantier avec, semble-t-il, plus de prérogatives en matière d’énergies renouvelables pour Chemseddine Chitour.
Quant au départ d’Abdelmadjid Attar, il semble pour le moins surprenant tant ce spécialiste pétrolier a montré à la tête du département Energie beaucoup de dynamisme et une plus grande ouverture aux médias et beaucoup plus de transparence dans les actions de ce ministère. Il a été également très actif en tant que président de l’Opep, avec une implication décisive de l’Algérie dans les efforts de l’Opep pour dégager un consensus au sein de la coalition Opep-Opep+ en vue de réduire la production de l’alliance et stabiliser ainsi les prix du pétrole. Selon des médias, on lui reprochait le retard dans les actions de développement des zones d’ombre. Le bilan communiqué par ce ministère soutient, à l’inverse, des taux satisfaisants dans le raccordement en gaz et électricité des localités des zones d’ombre et des périmètres agricoles et zones industrielles ou d’activités sans gaz ni électricité. Ce sont probablement d’autres considérations qui expliquent ce changement.
En attendant les vraies raisons de cette éviction, la valse continue. La série de ministres qui se sont succédé depuis 2010 à la tête de ce département s’avère très longue. Ce qui est contraire au souci de stabilité dans le secteur.
En outre, cela semble dire que la gouvernance du pays a toujours des problèmes de casting. Espérons toutefois que ces changements seront féconds en termes d’accélération des travaux des chantiers précités qui attendent un avancement plus rapide, mais également en termes de réponses aux préoccupations des citoyens ainsi qu’en matière de lutte contre le gaspillage de produits énergétiques. Il est également attendu à court terme un financement plus conséquent de l’économie par les revenus des hydrocarbures à la faveur du raffermissement des prix du pétrole actuellement. n