La polémique entre Sonatrach et GRT gaz, une filiale d’Engie enfle. Le P-DG de Sonatarch, Amine Mazouzi, est revenu à la charge, jeudi dernier, lors d’une conférence de presse tenue en marge de la signature de deux contrats d’étude avec des sociétés italienne et indienne.

Il a ainsi jugé que les dernières déclarations d’un responsable de GRTgaz, faisant état d’une rupture dans l’approvisionnement en gaz du sud ouest de la France à partir de l’Algérie, relèvent de la « spéculation ». Il y a dans le propos du patron de la compagnie nationale d’hydrocarbures comme volonté de resituer le débat autour de la question de l’approvisionnement en gaz. Amin Mazouzi veut en fait affirmer qu’il n’y a rien de litigieux entre l’entreprise qu’il dirige et le groupe Engie. Il a eu d’ailleurs cette déclaration : « Nous n’avons entendu ni Sonatrach ni Engie parler de manque d’engagement, ce sont des tiers, des spéculations (…) ». Il y a eu une vague de froid en Europe qui n’était pas prévue et qui a été accompagnée d’une très forte demande en gaz. Tout le monde est alors allé chercher du gaz, et l’Algérie a été un fournisseur très fiable et a concouru à exporter une partie de cette demande européenne ». Non seulement, il ne se reconnaît pas dans les affirmations de GRT gaz, mais aussi, il s’en démarque clairement. Et il le fait savoir : « C’est une polémique qui a été créée de toutes pièces et qui ne concerne ni Sonatrach ni Engie. Amin Mazouzi développe par ailleurs des arguments solides et largement reconnus en Europe en matière de livraisons gazières. «L’Algérie est un fournisseur fiable en gaz (…). Nous avons honoré tous nos engagements et répondu à toutes les demandes convenues entre les deux parties notamment durant le mois de janvier et même pendant l’arrêt technique de l’unité de liquéfaction Skikda ». Le P-DG de Sonatrach n’est pas le seul défenseur de cette fiabilité éprouvée. Mourad Preure, spécialiste des questions énergétiques, dans des déclarations récentes, a expliqué que les atouts de l’Algérie, ainsi que la « fiabilité » de la source algérienne mise à mal par une campagne de communication qu’il juge « tendancieuse » (allusion faite à GRTgaz) et éventuellement orchestrée par les concurrents de notre pays ne résident d’ailleurs pas seulement dans la reprise de sa production, mais également dans les infrastructures qu’elle a mis en place depuis des décennies au prix d’investissements très importants. Les gazoducs intercontinentaux qui relient l’Algérie à l’Europe, à travers l’Italie et l’Espagne constituent, dit-il, « une véritable garantie » pour les clients européens de Sonatrach, en plus d’être un bien meilleure option que le GNL proposé par certains pays. Un pays comme le Qatar, ajoute-t-il, avec ses dizaines de millions de tonnes de capacité de liquéfaction de gaz, peut abandonner un client s’il trouve une meilleure offre alors que les gazoducs reliant l’Algérie à l’Europe ne risquent pas d’être déplacés. Le patron de Sonatarch a affirmé que l’unité de Skikda a redémarré jeudi 26 janvier. Cet arrêt routinier, dit-il, pour raison de maintenance devait durer jusqu’au mois de février, mais je vous annonce que l’unité (GNL K) de Skikda vient de démarrer aujourd’hui. Ainsi, souligne-t-il, la compagnie nationale continuera ses approvisionnements avec davantage de cargaisons vers Engie. Et de préciser : « L’arrêt technique de l’unité de Skikda n’a été à l’origine d’aucune perturbation d’approvisionnement de la France. Quant aux prix de vente de gaz, ils ne concernent qu’Engie et Sonatrach. Lorsqu’il y a une relation commerciale entre deux sociétés, les prix sont évidemment discutés et révisés annuellement, a-t-il souligné. Pour rappel, un responsable de GRTgaz, cité par des médias français, a fait état, il y a quelques jours, d’une rupture dans l’approvisionnement en gaz du sud ouest de la France à partir de l’Algérie. Sonatrach avait réagi à cela, en indiquant que les quantités contractuelles destinées à cette région française avaient été « totalement épuisées » par l’opérateur Engie, et ce, en raison de la hausse de la consommation suite notamment à la persistance des mauvaises conditions climatiques en France. Ainsi, la partie française a sollicité Sonatrach pour l’approvisionner en quantités supplémentaires de gaz, mais Sonatrach « est dans son droit de décliner cette demande en raison de ses engagements avec d’autres clients ».