La dette contractée par le groupe Hôtellerie, tourisme et thermalisme (HTT) et l’Office national algérien du tourisme (Onat) s’élève à plus de 50 milliards de dinars (près de 500 millions de dollars). Une dette creusée par les travaux de rénovation relevant du groupe, mais aussi par la mauvaise gestion qui continue à sévir dans plusieurs hôtels et leur incapacité à attirer la clientèle. Dans une résolution datée du 12 décembre dernier, le Conseil des participations de l’Etat (CPE) s’est alarmé du niveau d’endettement des entreprises détenues par les entités du secteur du tourisme que sont le groupe HTT et l’Onat. En effet, le CPE fait état d’un fort endettement ; d’une situation financière déstructurée avec certaines filiales au bord de la faillite, ainsi qu’un management archaïque loin des réalités managériales des structures touristiques. S’ajoutent aussi les ressources humaines à la fois pléthoriques et insuffisamment formées, informées et impliquées et une qualité de services loin des standards internationaux. Les équipements et infrastructures sont vétustes et inadaptés aux attentes du marché et des touristes. D’ailleurs, l’endettement global des entités du secteur du tourisme que sont le groupe HTT et l’Onat s’élève à 54,9 milliards de dinars (près de 500 millions de dollars). Plus explicite, le CPE indique que les dettes les plus importantes sont enregistrées par l’Entreprise de gestion touristique du Centre (EGT Centre), avec 10,9 milliards de dinars de dettes accumulées, ainsi que par l’EGT Est, avec 8,79 milliards de dettes. L’hôtel El Djazaïr compte 7,75 milliards de dettes et occupe la troisième place du podium. L’hôtel El Aurassi est également bien placé dans ce palmarès avec 6,7 milliards de dettes, tandis que l’EGT Thalasso enregistre 4,72 milliards de dinars de dettes. Les dettes de l’Onat s’élèvent pour leur part à 2,21 milliards de dinars. Plus encore que le montant déjà considérable de leur endettement, c’est surtout l’incapacité des entreprises du secteur à rembourser leurs dettes qui semble inquiéter le CPE. « Les flux de trésorerie sont négatifs pour la moitié des entreprises composant le groupe HTT et très faibles pour l’Onat, les rendant ainsi incapables de faire face au remboursement de ces dettes », affirme sans ambages le document. Il attribue cette situation au « retard enregistré » dans la réhabilitation des entités hôtelières du groupe HTT avec « une faible consommation des crédits octroyés de 32%, soit 24,8 milliards de dinars sur 76,7 milliards de dinars », explique le document qui fait référence à la décision prise par le gouvernement, en 2014, d’affecter une enveloppe de plus de 700 millions de dollars à la réhabilitation d’une soixantaine d’hôtels publics. Face à l’impasse financière, l’ouverture du capital des hôtels publics peut être une manière d’accroître leur rentabilité et renflouer les caisses. Mais, selon les observateurs, l’Etat doit revoir les outils et les instruments réglementaires, former le personnel, créer un environnement propice et mettre l’accent sur le management. Il y a lieu de rappeler que le groupe HTT a fait signer, en 2017, un contrat de performance à tous les directeurs d’hôtel pour les inciter à réaliser des résultats positifs, mais aussi pour les responsabiliser sur la gestion de leur établissement. Cela en prenant en compte les aspects de la formation, de l’information et de la sensibilisation des cadres du secteur sur les apports et les retombées du contrat de performance. <