La politique gouvernementale post-coronavirus repose sur l’impératif de préserver les équilibre économiques et sociaux, tout en évinçant de la boite à outils en matière de financements le recours à l’endettement extérieur.

Par Hakim Ould Mohamed
C’est ce qu’a indiqué, hier, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, dans un entretien avec les étudiants présents à la cérémonie commémorative du 65e anniversaire de la journée nationale de l’étudiant. A cette occasion, le Premier ministre a évoqué la période post-Covid-19, les conflits qui ont suivi et les répercussions de la pandémie qui, a-t-il dit, «nous a imposé, et à l’ensemble du gouvernement, de préserver les équilibres qui nous ont évité de recourir au Fonds monétaire international (FMI)», a rapporté, hier, l’agence APS. «Il fallait faire face à toutes les pressions, y compris politiques qui voulaient que l’Algérie se soumette à cette institution», soutient le Premier ministre. Il fait allusion probablement aux difficultés liées à la baisse des ressources financières qui ont marqué le précédent exercice, en raison de la double crise qui a affecté l’économie nationale, à savoir la rechute des cours du brut et le choc pandémique lié au Covid-19. Cette chute des ressources et des liquidités a mis le gouvernement devant un sérieux dilemme ; par quel moyen faudra-t-il financer le déficit budgétaire de 2020 et quelle devait être la facture de la crise sanitaire ? Dans le rapport de présentation de la loi de finances complémentaire 2021, le gouvernement a indiqué que la dette publique externe a légèrement augmenté, passant 1121,3 millions de dollars à fin décembre 2019 à 1202,6 millions de dollars à fin décembre 2020, soit une augmentation de 7,25%. «Cette dernière demeure, toutefois soutenable», lit-on dans l’avant-projet de LFC de l’actuel exercice. Ce n’est pas la première fois que l’option de l’endettement extérieur est écartée des choix du gouvernements. Le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a lui-même affirmé qu’il était hors de question de recourir à la planche à billets et à l’endettement extérieur pour financer le déficit budgétaire de l’État. En effet, lors d’une récente interview télévisée, Abdelmadjid Tebboune a clairement tranché la question, en affirmant qu’il «n’y aura pas de recours à l’endettement extérieur». «Nous n’irons ni au Fonds monétaire international (FMI) ni à la Banque mondiale (BM) car l’endettement porte atteinte la souveraineté nationale», a-t-il souligné, révélant, à la même occasion, que «des pays frères» ont récemment proposé à l’Algérie leur aide sur le plan économique. «Nous les avons remerciés. En cas de besoin, nous le leur ferons savoir». Cependant, rappelons-le, la loi de finances 2020 avait autorisé le gouvernement à recourir éventuellement aux institutions financières internationales de développement pour obtenir un financement étranger en faveur des projets économiques structurels. En effet, la loi budgétaire du précédent exercice propose la possibilité de recourir, de manière sélective, au financement extérieur auprès des institutions financières mondiales de développement en vue de financer les projets économiques structurels et rentables avec des montants et des délais en rapport avec le rendement de ces projets et leur solvabilité. Pour rappel, la dette externe de l’Algérie ne dépasse pas, actuellement, 1% du PIB tandis que la dette publique interne s’élevait en 2018 à plus de 37% du PIB.