Il n’y aura pas durant ces deux jours de l’Aïd, qui sont propices aux déplacements et aux réunions familiales, de restrictions sanitaires renforcées. Cependant, le ministère de la Santé insiste sur le respect des recommandations d’usage tels le port du masque et l’hygiène des mains. Alors que la menace de la crise sanitaire persiste toujours avec son lot de contaminations et de victimes,
il est plus que jamais indispensable de bien observer les mesures de protection contre le coronavirus afin de ne pas transformer les lendemains de fête en deuil.

PAR INES DALI
Dans le cadre de la poursuite de la lutte contre la propagation de la pandémie de coronavirus, il est indispensable que des mesures strictes soient observées durant les jours de l’Aid El Fitr, afin de ne pas transformer les lendemains de fête en deuil. C’est dans cet objectif que le ministère de la Santé a émis une série de recommandations à l’adresse de la population pour la sensibiliser sur les dangers que peuvent avoir les conséquences de l’insouciance, notamment la négligence du port du masque.
Les Algériens sont donc appelés à être partie prenante dans les efforts consentis pour endiguer la propagation du Covid-19 à travers le respect des recommandations relatives aux mesures de prévention, notamment à l’occasion de la célébration de l’Aïd El Fitr. Durant les jours de fête, l’appel est lancé à tous les citoyens à «soutenir les efforts déployés pour limiter la propagation de cette pandémie dans notre pays», a indiqué le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière dans un communiqué rendu public hier, soulignant la nécessité de «respecter scrupuleusement» une série de mesures qu’il a énumérées.
Le département du Pr Abderrahmane Benbouzid a mis l’accent sur l’importance de «limiter les déplacements hors wilaya», de «limiter les visites familiales, surtout celles des personnes âgées et des personnes présentant des maladies chroniques», de «laver les mains plusieurs fois par jour» et, enfin, de «frictionner les mains avec une solution hydroalcoolique». Parallèlement, il est indispensable de garder la bavette ou le masque lors de tous les déplacements.
Comme l’accomplissement de la prière de l’Aid connait généralement un flux important des fidèles, le ministère de la Santé n’a pas omis d’évoquer cette partie dans son communiqué. Il a relevé, à ce titre, la nécessité de «respecter les mesures de prévention durant le rite de la prière de l’Aïd El Fitr», précisant qu’il s’agit pour les fidèles de respecter le protocole sanitaire mis en place pour les »uées. Il s’agit «de se frictionner les mains avec une solution hydroalcoolique, de se munir de son tapis de prière individuel, de respecter distanciation physique ainsi que le port du masque obligatoire». L’autre point non négligeable mentionné par le ministère est qu’il faut absolument «éviter les embrassades à la sortie de la »uée», a-t-il noté, avant de prévenir que «le respect de ces mesures peut vous sauver votre vie et celle de votre famille».
L’accent est mis, avec insistance, sur le fait que le port du masque reste «obligatoire, en tout lieu et en toutes circonstances», ainsi que sur «le respect de la distanciation physique» et l’importance d’«éviter les embrassades et privilégier les salutations à distance sans se toucher». «La situation épidémiologique mondiale de la Covid-19 et la sensible augmentation des cas avec l’apparition des nouveaux variants dans notre pays interpelle la conscience de tous les citoyens à l’effet de respecter les recommandations relatives aux mesures de prévention, pour ne pas mettre en danger leur santé, celle de leur famille et de la société en général», a alerté le ministère de la Santé.

Pour une «prise de conscience» des citoyens
Ces différentes mesures mettent ainsi en relief que l’Aid de cette année ne sera pas sous le sceau de restrictions comme celles de l’année dernières, où il y a eu un confinement partiel durant les deux jours de fête, sous forme de couvre-feu de 13h00 jusqu’au lendemain à 07h00, et ce, dans toutes les wilayas, en sus de la suspension de tous les transports et même de la circulation automobile.
Les choses sont différentes cette année et le pays a gagné en expérience en matière de gestion de la pandémie, comme l’a souligné le Dr Mohamed Bekkat Berkani, pour lequel le principe du confinement est dépassé, sauf pour des cas exceptionnels. Le président du Conseil national de l’Ordre des médecins estime, lui aussi, que le meilleur moyen qui reste à la population pour se protéger contre le virus est de respecter les gestes barrières en attendant, bien sûr, une vaccination plus accélérée.
C’est un avis partagé par le Pr Ketfi Abdelbassat, chef de service des maladies thoraciques et chef de l’unité Covid à l’hôpital de Rouiba, qui préfère également, à la veille de la célébration de l’Aid El Fitr, la sensibilisation de la population plutôt que le confinement qui a fait son temps et qui n’est pas considéré comme une solution. Cette sensibilisation doit être menée sur tous les fronts et être axée, surtout, sur le respect des mesures de prévention, a-t-il déclaré, hier, sur les ondes de la Radio nationale. Le plus important, selon ce professeur qui côtoie les malades Covid depuis plus d’une année, est qu’il y ait «une prise de conscience» de la part des citoyens et «nous devons investir dans cette prise de conscience pour les convaincre que les mesures préventives et leur application stricte sont la seule et la plus efficace des solutions pour freiner la propagation de la maladie».
Relevant avec regret le relâchement observé et le non-respect quasi-généralisé des gestes barrières, il a appelé les citoyens à adhérer aux mesures éditées par les professionnels, en particulier dans les lieux publics. «Le relâchement constitue un véritable danger pour la santé de tous, en particulier à l’occasion de la célébration de l’Aid El Fitr», a-t-il affirmé, expliquant que cela est valable dans toutes les régions du pays puisque ce sont les mêmes habitudes qu’on retrouve partout, comme les incontournables visites familiales.
Le professeur a donc appelé les citoyens à appliquer les mesures de prévention lors des différents déplacements durant l’Aid pour «leur bien et leur sécurité sanitaire et celle des membres de leur famille», a-t-il dit. Il a également émis la recommandation que les visites familiales aient lieu sans se serrer la main ni s’embrasser, et ce, «dans le respect de la distanciation sociale, du lavage des mains et du port d’un masque», a-t-il insisté, tout en attirant l’attention sur le nécessité de l’aération des lieux clos et d’éviter les endroits fermés considérés comme réunissant les conditions d’une propagation du virus.