le point
Par Hamid Bellagha
De tour de vis en tour de vis, les importations algériennes continuent de subir des oukases qui inquiètent sérieusement les importateurs et même certains ministères, qui ne comprennent pas que celui du Commerce ne daigne pas les consulter quand il s’agit d’interdire tel produit ou tel autre.
Le dernier régulateur ou écueil, c’est selon, fait référence à l’obligation d’une domiciliation bancaire avant toute opération d’importation. Même au niveau des douanes, la note stipule que toute marchandise ne sera autorisée à pénétrer sur le sol algérien qu’après une domiciliation bancaire parachevée.
Cette note vient s’ajouter à l’imbroglio des dispositions prises pour réguler les importations, sujettes, il faut le reconnaître, à un abus caractérisé qui a failli aboutir à l’assèchement des réserves en devises du pays, il y a quelques années. Malheureusement, la même administration, qui tente de réguler le processus, n’arrive pas à suivre le rythme de l’application des règles nouvelles.
A titre illustratif, il faut savoir que plus de 5 000 dossiers d’expédition, en attente de cette autorisation, s’entassent au niveau d’Algex, l’Agence algérienne de promotion du commerce extérieur, selon une source voisine du dossier.
Et comme d’habitude, c’est le secteur de la santé, des médicaments pour être précis, qui en souffre énormément. D’ailleurs, depuis l’adoption de cette note du ministère du Commerce, les services d’Algex et des Douanes sont noyés de requêtes et les dossiers s’amoncellent de plus en plus, spécialement pour les médicaments, dont la normalisation est assurée en amont par le ministère de l’Industrie pharmaceutique avec ses programmes d’importation et le titre de régulation.
Les importateurs sont à peine en conformité avec une loi restrictive, qu’une autre s’ajoute déjà au registre des barrières à l’importation. Le résultat a été une pénurie croissante et « pérenne » de plusieurs classes de médicaments dont les hormones de croissance, les anticancéreux, les collyres et ceux destinés aux asthmatiques.
Au niveau de l’Exécutif, surtout chez le département de Kamel Rezzig, on devrait une bonne fois pour toutes comprendre que le médicament et ses matières premières ne sont pas des produits comme les autres. Ce n’est point du chocolat, du fromage, du vinaigre de cidre, ou des… cure-dents, mais des articles sanitaires nécessaires et obligatoires et dont la rupture consacre, encore une fois, la gabegie qui traîne dans le domaine.