Tant que l’Algérie ne fera pas sa grande mutation, il est impossible de ne pas évoquer le pétrole quand des « événements » le concernant se déroulent. Ainsi, en l’espace de deux jours, deux RDV seront à suivre. Le premier est la 31e réunion du Comité ministériel conjoint OPEP/non-OPEP prévu ce mercredi et auquel participera le ministre de l’Energie. Au lendemain, il y a au programme la 181e Conférence ministérielle de l’Opep et à la 18e Réunion ministérielle Opep-non Opep, qui regroupe les 23 pays (13 pays de l’Opep et 10 pays non-OPEP) signataires de la Déclaration de Coopération. L’objectif sera essentiellement d’examiner « la situation du marché pétrolier international et ses perspectives d’évolution à court terme ».
Des rencontres d’experts, d’hommes politiques, de fonctionnaires, qui intéresseront des experts, des hommes politiques et des fonctionnaires. Cela aurait pu être aussi « simple » que ça, mais il est question de pétrole, le produit par lequel le pays « survit ». Qu’ils le veuillent ou non, les Algériens sont tous, absolument tous, concernés par ce qui se décidera dans ces conclaves. Le présent et l’avenir (à court et à long terme) en découleront. Un état des lieux qui persistent depuis très (trop) longtemps, et qui, jusqu’à nouvel ordre va persister encore.
Le premier constat, direct, est clair. L’avenir de l’Algérie dépendait et dépend toujours de ce qui se décide « ailleurs » et par d’« autres ». Cette dépendance envers l’or noir qui est devenue quasiment une logique de survie (devant l’absence d’autres solutions) est pourtant très dangereuse pour l’avenir. Les hausses épisodiques du prix du pétrole ne peuvent plus rester des repères pour la stabilité. Gouverner, c’est avant tout penser au futur et ce qu’auront en main les prochaines générations.
La transition énergétique si chère à Chems Eddine Chitour ne peut pas se conter d’un seul département ministériel, ni encore de slogans creux. Elle n’a pas d’autres choix que d’accompagner un projet de société. Et une nation qui n’en a pas (de projet de société) peut d’ores et déjà se préparer à s’effacer de l’Histoire.