PAR NAZIM B.
Attendu pour ce 17 mai en cours, le coup de starter de la campagne électorale des législatives n’aura finalement lieu que trois jours plus tard, a affirmé hier le président de l’ANIE, Mohamed Charfi, qui a exprimé son satisfecit quant à l’encadrement du processus.
Ce n’est cependant pas l’avis d’Abderrazak Makri, qui n’a pas contenu sa colère suite au rejet de plusieurs dossiers de candidatures du MSP, qui ne cache pas ses ambitions à l’occasion de ce scrutin dans lequel il mise sur une place confortable.
«Les premiers échos qui nous sont parvenus traduisent une satisfaction des partis et des candidats indépendants compte tenu du travail accompli par notre instance, ce qui rend encore plus lourde notre responsabilité», a déclaré Charfi, qui a présidé la réunion avec les représentants des partis politiques et des indépendants pour le tirage au sort des identifiants des listes électorales.
Comme gage d’un encadrement impartial, Charfi a déclaré, par la même occasion, que «tous les recours sont parvenus à temps au niveau du Conseil d’Etat», ajoutant que l’ANIE «va mobiliser tous les moyens en vue de réussir le rendez-vous du 12 juin».
Or, pour Makri, le rejet de la trentaine de dossiers du MSP est une «procédure illégale» en ce sens que «la décision était basée sur les rapports sécuritaires non réglementaires et ne reposant sur aucune assise juridique». La montée au créneau du chef islamiste traduit vraisemblablement la dure mission qu’aura à accomplir l’Autorité nationale indépendante des élections, qui encadre son troisième rendez-vous après la présidentielle de décembre 2019 et le référendum sur la révision constitutionnelle de novembre 2020.
L’ANIE a déjà eu, durant la semaine écoulée, à prendre langue avec une pléthore de formations politiques qui se sont plaintes des rejets de leurs dossiers de candidatures. Ce à quoi l’ANIE a favorablement répondu en s’appuyant sur l’article 207 de l’ordonnance portant loi organique relative au régime électoral. «En cas de rejet de candidatures au titre d’une liste, de nouvelles candidatures peuvent être formulées dans un délai n’excédant pas les vingt-cinq (25) jours précédant la date du scrutin», stipule l’article 207 de ladite loi.
Mais sans doute la compétition électorale ne mettra pas moins l’ANIE à rude épreuve notamment au vu du nombre de partis politiques qui y participent, particulièrement, ceux habitués à des résultats positifs lors des scrutins précédents. C’est notamment le cas du FLN et du RND, qui n’ont pas été avares en critiques à l’égard de l’ANIE.
Sur un autre registre, le filtrage des listes par les délégations locales de l’ANIE a confirmé la prédominance des listes indépendantes comme nouvelle préfiguration du scrutin législatif et probablement de la prochaine composante de l’Hémicycle Zighout-Youcef. D’autant plus que Mohamed Charfi a fait état de 837 listes indépendantes et de 646 listes de partis politiques, sur l’ensemble de 1 483 listes qui ont été acceptées «sans réserve» pour prendre part aux législatives anticipées.
Le nombre élevé des listes indépendantes dans la course aux législatives, qui ont été validées par l’Anie aux dépens des listes présentées par les partis politiques, renverse la tendance partisane. Un changement d’ailleurs conforté par un nouveau phénomène consistant en le recours par nombre de formations politiques traditionnelles à des candidats non militants pour figurer sur leurs listes», ont souligné des observateurs.