Pour la deuxième année consécutive, le ministère de l’Education nationale a décidé de reconduire le mode de scolarisation par répartition de groupe. Les enseignants ont vite exprimé leurs préoccupations quant au volume horaire induit par ce mode d’enseignement. Pour pallier cette situation, la tutelle a décidé de faire appel aux diplômés des ENS et aux contractuels.

PAR MILINA kOUACI
«Le volume horaire de l’année passée a exténué les enseignants», dit Mustapha Kassad, porte-parole de la Coordination des enseignants contractuels. Pour éviter les débrayages, M. Kassad recommande d’aller vers l’ouverture de postes budgétaires pour remédier au «déficit des enseignants». La reconduction du même mode d’enseignement avec le même effectif impactera négativement le rendement des enseignants, des élèves ainsi que l’avancement dans l’application du programme scolaire, estime-t-il.
Cette année, la tutelle a eu recours aux diplômés des ENS, dont certains seront recrutés pour enseigner leur matière de formation ou, temporairement, dans des spécialités ou paliers autres que ceux de leur formation. Les normaliens ont exprimé leur refus d’autres matières dans d’autres paliers que celles de leur formation. Pour exemple, les diplômés de ces écoles pour l’enseignement dans le cycle secondaire refusent d’enseigner dans le cycle primaire ou moyen avec le volume horaire fixé dans ces deux paliers. Notre interlocuteur estime ainsi que le problème de vacance pédagogique sera posé avec acuité.
Il fait savoir par ailleurs que le ministère a eu recours aux services des enseignants contractuels pour pallier le manque d’enseignants. «Dans le cadre des préparatifs de la prochaine rentrée 2021/22, des directions de l’Education ont convoqué des contractuels afin d’occuper les postes vacants dans les trois cycles, alors que d’autres académies ont parachevé la régularisation de la situation des diplômés des Ecoles nationales supérieures (ENS)», indique notre interlocuteur. Dans le cas des contractuels, Mustapha Kassad fait savoir que la priorité sera donnée aux enseignants ayant exercé au cours de l’année scolaire 2020/21, tandis que la convocation du restant des contractuels se fera en fonction de la disponibilité des postes budgétaires.
Une mesure qui attise la colère des contractuels, qui réclament l’intégration directe dans des postes vacants sans condition aucune. «Les contractuels ne veulent plus que la tutelle se serve d’eux annuellement sans les intégrer dans des postes permanents», rappelle M. Kassad.
Ce dernier réclame l’intégration directe des contractuels dans les postes vacants et d’ouvrir des postes budgétaires, dans le cas contraire, ajoute notre interlocuteur, les enseignants vont inéluctablement aller vers la protestation, car le volume horaire de l’année passée les a éreintés.

Le pass vaccinal ne peut être exigé
Près de dix millions d’élèves reprennent ce mardi le chemin de l’école. Pour cette rentrée scolaire, la deuxième durant la pandémie, un plan sanitaire initié par le ministère de l’Education sera mis en place au niveau des écoles. Outre l’application du protocole sanitaire, la vaccination des enseignants reste le principal garant d’une année scolaire sécurisée et minimise le danger d’un éventuel rebond épidémique. Nonobstant, uniquement 8% de l’effectif du personnel du secteur se sont fait vaccinés bien que la rentrée scolaire a été décalée de deux semaines afin de permettre au personnel du secteur de le faire. Bien que convaincu de l’importance du vaccin, le partenaire social a demandé de garder le caractère optionnel de la vaccination et de mettre à disposition des travailleurs les doses de vaccin anti-covid en quantités suffisantes. Pour les syndicats du secteur, le pass vaccinal ne peut être exigé à la rentrée sachant que la défiance envers la vaccination inquiète une bonne partie de la communauté éducative. A l’heure actuelle, seuls le protocole sanitaire et l’enseignement par groupe ont été pris comme solution afin d’éviter de faire des écoles des foyers épidémiques. «Aucun pays dans le monde n’a instauré l’obligation vaccinale pour le personnel enseignant et l’Algérie ne peut déroger à la règle», dit Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep).
Il y a lieu de rappeler qu’en août dernier, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid avait révélé que le Comité scientifique de suivi de l’évolution de coronavirus étudiait une proposition de vaccination des enseignants au cours de la prochaine année scolaire et faire de la carte de vaccination une condition pour enseigner. Le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, ne cesse pour sa part de plaider pour une opération de vaccination de tous les fonctionnaires des Directions de l’Education et à sa généralisation aux enseignants et employés dans les établissements scolaires. Il avait expliqué, lors d’une réunion tenue le 29 juillet dernier en visioconférence avec les directeurs de l’éducation des wilayas du pays, que «la vaccination des enseignants, fonctionnaires et employés du secteur de l’Education nationale est un facteur essentiel pour une rentrée scolaire sécurisée à la date fixée». Il a également appelé les syndicats du secteur à contribuer à la réussite de la campagne de vaccination du personnel du secteur contre la Covid-19 pour une rentrée scolaire sécurisée, stable et sereine.
Jusqu’au 11 septembre dernier, 8,5 % d’un effectif de 740 000 se sont fait vacciner. Seuls 62 000 travailleurs ont reçu le vaccin. <