Afin de défendre sa démarche visant à organiser la Convention nationale comme cadre d’un « dialogue sans exclusive » devant aboutir à un « contrat national », d’où émergera une « solution politique consensuelle » à la crise que traverse le pays, le FFS a rencontré, hier à Alger, la direction du RCD. Il s’agit de la seconde rencontre que tient le Front des forces socialistes avec une autre formation politique après avoir échangé, il y a une quinzaine de jours, avec le MSP.
« Dans le cadre des échanges avec les acteurs politiques et sociaux, une délégation de la Direction nationale du FFS composée des membres de l’Instance présidentielle, Hakim Belahcel et Sofiane Chioukh, et du Premier secrétaire Youcef Aouchiche, a rencontré une délégation de la direction du RCD à sa tête le président du parti Mohcine Belabbas », a indiqué un communiqué du plus vieux parti de l’opposition.
Relevant que « les échanges entre les deux partis ont porté sur la situation du pays et la situation régionale », le FFS a souligné avoir rappelé à cette occasion « la démarche politique du parti et l’initiative de Convention nationale visant à créer le cadre d’un dialogue sans exclusive avec toutes les forces politiques et sociales, afin d’aboutir à un contrat national et une solution politique consensuelle à la crise que vit le pays ». Le communiqué, signé Youcef Aouchiche, a ajouté que « les deux parties ont convenu de maintenir le contact », augurant vraisemblablement d’une concertation entre les deux partis du courant démocratique.
Avec cette rencontre d’échanges avec le RCD, il ne fait point de doute que le FFS a entamé véritablement la phase de mise à l’épreuve du terrain de son offre politique qu’il présente comme nécessaire pour « amorcer une sortie de crise de façon pacifique, démocratique et ordonnée ».
Le parti de feu Aït Ahmed n’a pas cessé de faire de sa conviction que « seul un dialogue politique permettra à notre pays de retrouver la voie de la reconstruction d’un Etat légitime, fort et juste en jetant les bases d’un consensus national en mesure de préserver l’Etat national et renforcer la cohésion sociale». D’autant plus que le parti se démarque de plus en plus des échéances électorales inscrites dans la feuille de route du pouvoir politique dès l’adoption du projet de loi organique portant révision régime électoral.
« L’organisation d’élections réellement libres et crédibles doit impérativement être précédée d’un dialogue sans exclusive qui posera les fondements d’une vie politique démocratique, qui garantira l’alternance politique, institutionnalisera les contre-pouvoirs et encouragera la construction des médiations politiques et sociales, démocratiques et autonomes », a affirmé le parti.
Estimant qu’au-delà des dispositions nouvelles contenues dans le futur texte d’encadrement des élections, « c’est l’ensemble du dispositif politique actuel qu’il s’agit de questionner », jugeant que « quand bien même elle prémunirait le pays contre certaines dérives du passé, ne saurait garantir un scrutin libre et crédible ». Pour le FFS, « la démocratie ne se résume pas à l’isoloir », mais suppose plutôt « un climat politique de libertés qui permette un choix libre et conscient », réitérant sa revendication portant sur des mesures d’apaisement.
Visiblement l’initiative du FFS se met de plus en plus en place en attendant que le parti explique le format du rendez-vous ainsi que les partenaires qui prendront part à cette convention nationale. Fédérera-t-il les partis de la mouvance démocratique opposés à la démarche du pouvoir politique ? Y aura-t-il des adhésions à la démarche de la part des formations acquises à la feuille de route du président de la République? Les semaines et mois à venir apporteront sans doute des réponses aux interrogations que pose la nouvelle initiative du FFS.<