«Saisie ou pluie», la nuit du jeudi coïncidant avec Mawlid ennbawi aura été des plus calmes depuis des années. Une tournée avec les soldats du feu confirmera ce constat. Même leur bilan fait ressortir six incendies seulement à l’échelle nationale, liés directement à l’utilisation de pétards et de bougies, mais sans gravité.

La réactivité des services de sécurité, les «filtres» des douanes et la sensibilisation de la Protection civile ont payé. Ainsi, la capitale aura vécu une nuit relativement calme, jeudi dernier, pour la première fois depuis une décennie. Un calme qui pourrait s’expliquer également par la vague de froid suivie de chute de pluie sur Alger.
En effet, la pluie qui a continué à tomber sur la ville tard jeudi, juste au moment où les gamins devaient commencer, comme à l’accoutumé, à aiguiser leurs pétards pour les lancer vers tout ce qui bouge et les fenêtres des habitations, conjugué à un froid glacial, ont découragé plus d’un à sortir de la maison.
Et c’est le constat qui a été fait lors d’une tournée nocturne avec les services de la Protection civile d’Alger. En effet, nous avons suivi les nombreuses interventions des pompiers cette nuit plus ou moins «tranquille». Malgré cela, les pompiers algérois ont eu beaucoup à faire.
Il est 21 heures et la première intervention s’est faite au niveau de la commune de Bologhine et plus exactement au niveau de «la placette». Il s’agissait d’un incendie dans un appartement. Fort heureusement, aucune victime n’est à déplorer. Notre guide et accompagnateur, le sous-lieutenant Kamel Sadek, porte-parole de la DPC d’Alger, nous explique que «c’est un court-circuit qui a causé l’incendie et non un pétard ou une bougie».
Après quelques minutes d’arrêt, voilà que l’officier est sollicité sur un autre lieu d’accident. Cette fois-ci, c’est au niveau du 1er-Mai. C’est un incendie partiel d’un bus qui était garé devant le siège de l’UGTA. A notre arrivée, le feu était éteint, mais il reste encore les «stigmates» des flammes dévastatrices. Le chargé de communication indiquera que «le bus a été touché suite à une bataille rangée entre gamins».
Et comme d’habitude, la radio «retentit». Un message qui fait état d’un feu dans un balcon au niveau du quartier du Ruisseau. A notre arrivée, une petite armada de camions d’extinction est sur les lieux. On trouve, entre autres, un camion-citerne incendie ou le CCI selon le jargon des Tuniques rouges. Mais plus de peur que du mal, le feu aura été maîtrisé en quelques minutes par les soldats du feu.

Un silence de cathédrale à Bab El Oued
Après avoir vadrouillé dans les faubourgs de la capitale, à la recherche de «sinistres», revoilà qu’on nous signale par radio un autre incendie de voiture à Bab El Oued. Un quartier populeux et populaire connu pour sa célébration un peu spéciale du «Mawlid».
En effet, dans ce quartier mythique, les rues prennent souvent des allures de champs de bataille où les pétards de toutes sortes explosent dans tous les coins et recoins de la ville. Que ce soit, Démon, Tigre, Mammouth, Bison, les jeunes se donnent à cœur joie à les jeter les uns sur les autres.
Il est à peine minuit lorsqu’on pénètre à Bab El Oued, mais, fait étonnant… un silence de cathédrale nous accueille. Malgré l’incendie de la voiture, personne n’est dehors, sauf quelques curieux. Le feu aura été maîtrisé en quelques minutes. L’un des pompiers nous explique que «le feu s’est déclenché suite à un pétard».
Tirant une conclusion, le sous-lieutenant Kamel Sadek, affirmera que le Mawlid Ennabaoui de cette année est vraisemblablement moins «détonnant». Expliquant que «si l’on compare le nombre d’incidents liés à l’utilisation de pétards de toutes sortes et la mauvaise manipulation des bougies survenue durant l’année 2016, nous pouvons constater une très grande amélioration en 2017».
Déjà, selon le premier bilan de la Direction générale de la Protection civile six incendies d’habitation et divers ont été répertiriés au niveau des wilayas d’Alger et Skikda, mais sans gravité. Ainsi, comparativement aux années précédentes, l’usage des pétards et autres a certes marqué cette grande fête, mais avec nettement moins d’intensité. Même les étals de produits pyrotechniques en tout genre étaient plus rares.
Et pour cause. A Alger, par exemple, il y a de cela quelques jours, les services de police d’Alger ont déjoué une tentative d’introduction d’une grande quantité de produits pyrotechniques. Grâce à l’exploitation de renseignement, les éléments de la Division Est de la Police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger ont intercepté un véhicule suspect et abouti à la saisie de 13 136 unités de produits pyrotechniques de différentes marques notamment des pétards très dangereux utilisés également dans les rixes armées, à l’instar du «bouq» et de 3 350 boîtes de cigarettes et 120 narguilés.
Les mêmes services ont également intercepté un deuxième véhicule, où ils ont procédé à la saisie de 1 040 unités de produits pyrotechniques dont «bouq» «akri» et «missiles». D’autre part, des descentes inopinées sont menées dans les quartiers et les espaces «occupés» par les vendeurs informels de ces produits prohibés.